‹ L'Afrique nouvelleChapitre 240 sur 265 · ÉTAT PRÉSENT DU LIBERIA · texte numérisé non relu

ÉTAT PRÉSENT DU LIBERIA

en al tendant que les bâtiments négriers pussent en sécurité y venir charger leur cargaison humaine. Sur toute cette côte, les hommes étaient aussi barbares que la nature y paraissait inculte et sauvage. Aujourd'hui, des ports y ouvrent leur refuge, la traite a presque entièrement disparu; des villes se dressent avec leurs magasins, leurs hôpitaux et leurs autres établissements d utilité publique; nombre de petits bâtiments entretiennent entre elles un commerce actif et leurs portent les produits mutuels de leurs industries. Voilà ce qu'en peu d'années sont devenus, sous la tutelle de quelques philanthropes américains, de malheureux nègres qui végétaient dans l'abjection et la misère sur le pavé des grandes villes de la confédération. Et là même ne se borne pas le bienfait : en dehors du Libéria proprement dit, il y a une nombreuse population indigène qui subit d'une façon plus ou moins directe rinCiuence de cet État. Des mœurs moins farouches, une certaine tendance toute nouvelle vers l'industrie, dont ces noirs commencent à apprécier les avantages, la suppression des débouchés de la traite; ce honteux trafic remplacé par un commerce d'échanges honnête, et non moins profitable aux blancs qu'aux indigènes, des dispositions à la civilisation , sinon la civihsation même, tels sont les résultats directs et indirects qui, en 1858, peuvent déjà ressortir de la fondation du Libéria. Le président actuel de la république est M. Stephen-Allen-Benson, qui a remplacé Roberts en 1856.

Page 1