DÉMÊLÉS DU LIBERIA AVEC LA FRANCE
La France toutefois, en ce qui la concerne particulièrement, n'a pas eu à se louer de ses relations avec ce petit Ëtat, auquel cependant elle avait témoigné sa bienveillance à plusieurs reprises. Le gouvernement libérien s'est refusé à délivrer des passe-ports aux émigranl8 libres que la France recrutait, à de très-justes conditions, pour le travail dans ses colonies. C'est à In suite d'une contravention à Tordre de ne plus s'adresser désormais à ce point de la côte d'Afrique que le capitaine de la Regina-Cœli a vu massacrer tout son équipage, moins le chirurgien du bord. Il est d'ailleurs juste de reconnaître que les nègres qui se sont révoltés ont massacré les blancs à la suite d'une querelle, et sans obéir à des suggestions venues de la côte, ainsi qu'on l'a constaté. Le grief de la France envers Libéria se borne heureusement, pour l'Étal nègre, à lui reprocher les entraves que celui-ci, obéissant sans doute à des suggestions étrangères, met à l'engagement des noirs pour nos colonies. Cette situation, qui, il faut l'espérer, ne se prolongera pas, ne saurait nous rendre injustes à l'égard du Libéria, et nous empêcher de reconnaître les services que la Société de colonisation a rendus à l'humanité en fondant cet État noir.
Tandis que le gouvernement libérien s'oppose à l'engagement des nègres libres pour nos colonies, des citoyens du Libéria sont accusés de se prêter sous main à ia4raite. Dès 1851, un officier anglais, M. Frédéric Forbes, affirmait, dans VAnti-SlaveiTi-RepoHer, que