LE BORNOU ET SES CHEIKHS
complète barbarie, comme les idolâtres de lAdamawa, peut-éire a-t-elle apporté un peu d'amélioration relative.
Quoi qu'il eu soit de rinBuence exercée par ces hommes, on peut affirmer que, sirAfrique intérieure ne trouve pas d'autre instrument de civilisation qu'eux et rislamisme, elle est destinée à demeurer en retard. Le sultan Al-Moumenim a accueilli avec quelque faveur les ouvertures qui lui étaient faites par les voyageurs anglais et allemands pour nouer des relations avec l'Europe, et il a autorisé la résidence d'agents anglais à Kano et à Sokoto.
BoRNOU. — En s'avançant dans l'est, l'invasion fellani s'est arrêtée devant le royaume de Bornou, qui est parvenu à la repousser. Le Bornou a aujourd'hui pour capitale Kouka ou Kpukawa. C'est l'État de l'Afrique centrale que nous connaissons le mieux, grâce aux relations de Clapperton et de Barlh. Son souverain actuel prend simplement le titre de cheikh et s'appelle Omar. Sa famille, qui porte le nom générique de Kanemi, et qui succède aux dynasties des Kanuris, des Bulala, doit la haute position qu'elle a conquise a ses succès dans la guerre contre les Fellani : c'est elle qui les a repoussés du sol national; mais le cheikh Omar est bien loin de valoir son père Mohammed, qui fut le héros de cette guerre d'indépendance. C'est un prince de peu d* énergie, et il n'est pas impossible que d'ici à quelques années de nouvelles révolutions intestines ensanglantent le Bol-