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LE PAUIS DE MASÉNA

npu. En ce qui les concerne, les Européens n'ont, eu qu*à se louer de ses procédés à leur égard; il les a accueillis avec une grande faveur, et il n'a cessé de les aider dans leurs entreprises ^

Bagibiii. — Il n'en est pas de même du souverain de cet État qui s'étend au sud-est du lac Tchad et sur la rive droite des grandes rivières Shary et Serbenel. Abdel-Kader, c'est le nom de ce sultan, n'admit que trèsdifficilement dans sa capitale, Maséna, M. Barth, le seul visiteur européen qui en soit jamais revenu. Cette ville n'occupe pas une circonférence moindre de sept milles; mais la moitié seulement de ce vaste espace est habitée; le reste, comme dans la plupart des villes africaines, est occupé par des jardins, des terrains vagues, et même par des lagunes qui tarissent ou débordent suivant la saison, et sont une cause permanente d'insalubrité. Le principal quartier est au centre de la ville et s'étend à l'est et au nord du palais du souverain.

Cette résidence consiste simplement en un groupe de huttes enclos d'un mur d'argile; cependant il y a une différence assez notable entre elle et les constructions analogues des autres villes soudaniennes : c'est que le principal mur. d'enceinte est bâti en briques cuites au four, et non en briques séchées au soleil. Tout le palais n'est pas d'une date fort ancienne, la construction n'en remonte pas au delà d'une centaine d'années. Il a de

' * Nous avons donné dans le chapitre XI une esquisse plus étendue de rhistoire du Bomou.

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quinze à seize mille mètres de circonférence; à Ventrëe^e trouve une vaste cour dccouverte, avec une construction oblongue en argile, du côté de Test, qui sert de salle d'audience; auprès se dresse une hutte où loge une sorte de gouverneur du palais; puis viennent les constructions composant les appartements particuliers du sultan. Toute la portion sud-est de Tenceinte du palais est consacrée aux femmes, qui, paratt-il, ne seraient pas moins de trois ou quatre cents; quelques beaux tamarins ombragent la cour au fond de laquelle se déroule l'entassement des huttes de toutes formes qui leur servent de demeures. Ces maisons d'argile recouvertes de nattes ne sont pas d'un vilain aspect; mais elles présentent si peu de sécurité dans la saison des pluies, que la plupart des indigènes préfèrent alors de simples cabanes de paille et de roseaux. Le marché n'est pas couvert; il est d'une petite étendue et assez mal approvisionné; la capitale du Bagirmi est bien loin d'avoir le mouvement, l'activité commerciale de Kano et des grandes villes africaines situées sur le Niger.

Le Bagirmi est un État de fondation assez récente. L'islamisme parait avoir pénétré dans le Soudan au commencement du seizième lùècle. A l'époque où Léon l'Africain visita la partie occidentale de cette région, les chefs, sinon les populations, l'avaient déjà adopté. Dans le courant de ce même siècle, une puissante nation païenne, les Tyniurs, sortant du Darfour et du Dongola, s'étendirent jusqu'à la irive orientale du lac Tchad, op-

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