‹ L'Afrique nouvelleChapitre 26 sur 265 · LES BARY · texte numérisé non relu

LES BARY

route ou dans les forêts, et jamais dans les villages, car la vue du sang rendrait les femmes stériles. Les assassins sont punis moins sévèrement que les voleurs, ils peuvent se racheter au moyen d'une rançon : on les livre aux parents du mort, qui en exigent autant de vaches qu'ils ont de doigts aux pieds et aux mains. Chaque homme prend autant de femmes qu'il en peut nourrir; elles coûtent de dix à cinquante vaches, selon leur beauté et leur rang; elles deviennent une propriété dont les fils héritent et peuvent jouir à la mort de leup pèfe, leur mère exceptée toutefois. Le nombre des femmes, comme celui des têtes de bétail, constitue la richesse; on n'est pas monié sans en avoir au moms deux ou trois. Il ne parait pas qu'elles soient jalouses, mais elles ne sont pas non plus fidèles. Les accords faits, la cérémonie du ma* riage consiste tout simplement à tuer et à manger quelques bœufs. Une partie de la dot apportée par le mari est distribuée aux parents de la femme. Jusqu'à ses premières couches, celle-ci reste dans la maison paternelle L'homme qui séduit une fille doit l'épouser; s'il ne peut pas fournir la dot à laquelle le père estime alors sa fille, il est livré à la vengeance de celui-ci, qui a le droit de le tuer. Le Bary qui meurt est enterré accroupi dans un trou creusé devant la porte de sa demeure. Ses parents viennent ensuite fouler et durcir sous leurs pieds la terre qui le recouvre, en répétant sur un ion lamentable le monosyllabe rfio, dio. Quand la terre est bien durcie, on tue quelques bœufs, on les mange, et tout est fini ; cha-

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