‹ L'Afrique nouvelleChapitre 25 sur 265 · MŒURS ET CROYANCES SUR LE NIL · texte numérisé non relu

MŒURS ET CROYANCES SUR LE NIL

qu'elles garnissent de grains de verroterie. Le vêtement que portent les Berry est compose de deux lisières perpendiculaires ; Tune, large de cinq pouces, leur couvre la tête et retombe sur les tempes; l'autre. descend jusqu'aux jarrets. Cette étoffe, tissue en cheveux, est garnie de verroteries. « Les Berry, dit M. Brun, sont si fiers de cet ornement, qui les distingue des autres races, que pour en avoir un il m'a fallu m'adresser à leur roi, qui me l'a envoyé accompagné d'un cadeau de sept dents d'éléphant. »

Après cette excursion chez les Saubats et chez les Berry, M. Brun retourna chez les Behrs ou Bary, et fit à Bélénia, en 4851, un assez long séjour; il acheta une propriété près de cette ville sauvage, et lia amitié avec Niguello, frère du roi de la principale tribu des Bary. Les détails que M. Brun recueillit en 1851 sur les mœurs et le caractère des Bary font bien connaître les peuplades riveraines de cette partie du fleuve Blanc. Leur religion se compose de croyances et de superstitions dont quelques-unes offrent beaucoup de ressemblance avec celles du Sennâr. C'est ainsi qu'on y trouve, sous le nom de kodjourSf des jongleurs qui s'atlribuent le pouvoir de donner ou d'ôter les maléfices, d'empêcher ou d'amener la pluie. Les chefs de ces peuplades sont forcément kodjours; ils doivent à cette puissance surnaturelle plus d'autorité, mais aussi leur responsabilité est grande : si la pluie ne vient pas et qu'une sécheresse prolongée mette en danger les récoltes, ils font un sacrifice de deux

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têtes de gros bétail; puis, si le ciel ne semble pas accepter cette offrande et n envoie pas Torage, il arrive quelquefois qu'eux-mêmes servent de victimes expiatoires. Aii^si, enl850,le chef d'Hyapour, pays situé entre Bélénia et un lieu appelé Féréchat, eut le ventre fendu, parce que les prières et tous les sacrifices avaient paru insuffisants. La mission catholique de Ehartoum, qui entretenait à Bélénia une succursale dirigée par le religieux dom Angelo Vinco, obtint peu de succès, parce que ses prières demeurèrent inefficaces dans un moment où le crel gardait une inclémente sérénité. Dom Angelo accompagnait le roi Choba pour demander la pluie ; par malheur le temps resta sec. Les habitants recoururent alors à leur kodjour. Celui-ci mit un peu d'eau dans une clochette, et, la répandant devant rassemblée, il prédit Torage pour le lendemain. Par un singulier hasard, la prédiction se trouva juste.

Les troupeaux sont la grande richesse des Bary, qui font usage de lait plutôt que de viande. L'homme qui n'a pas assez de vaches pour nourrir une famille ne peut se marier ni prendre la parole dans les assemblées. Les délibérations et les jugements ont habituellement lieu devant les villages, à l'ombre de quelques arbres. Tout le monde y peut assister et donner sa voix, mais la discussion n'est permise qu'aux chefs et aux gens riches, appelés moniés, gens dont la dignité est reconnaissable au bâton fourchu qu'ils portent. Le vol est puni de la peine capitale, mais les exécutions n'ont lieu que sur la

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