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LES MISSIONNAIRES

que les Anglais portent avec eux dans leurs missions lointaines.

Plusieurs stations religieuses, Rabai, Rabai Mpia, Kisuludini, sont établies sur la côte de Zanguebar, aux environs de Mombas et Je Melinde, en vue de propager parmi les indigènes les notions du culte évangélique. Ce fut à Rabai Mpia que les révérends Krapf et Rebmann vinrent s'établir il y a une quinzaine d'années. Pendant longtemps, les missionnaires se livrèrent exclusivement à l'exercice de leurs fonctions religieuses ; mais vers 1848 leur curiosité se trouva stimulée par les notions qu'ils recueillirent sur les particularités géographiques du pays jusqu'alors inexploré de Tagga, qui s'étend dans la direction nord-ouest de Mombas. Dans les derniers jours d'avril 1849, le docteur Rebmann entreprit avec neuf hommes, Arabes et nègres, une expédition dans cette direction pour éclaircir ses doutes sur l'existence de hautes montagnes encore inconnues. Il traversa d'abord un pays que Ton appelle Taïta, où il reconnut la chaîne des monts Boora, qui se dirigent du nord au sud. Il fallut à l'expédition trois jours pour franchir cette contrée pittoresque et pleine de magnificence. Le sol était couvert de bananiers et de cannes à sucre, Tair était pur, le paysage varié. Cette contrée élevée, où les chaleurs de l'équateur cessent d'être insupportables, parut à M. Rebmann l'une des plus délicieuses qu'il fût possible de rencontrer.

Arrivé en un lieu appelé Musagnombe, le voyageur se

LE TAGGA. 51

concilia par des présents la bienveillance de plusieurs chefs, et obtint d'eux des renseignements sur la contrée au sein de laquelle il allait s'engager. Là encore il enlendit parler d'une montagne excessivement haute et située dans le Tagga, à cinq journées à l'ouest du Taïla. Son guide refusa de l'accompagner à une si grande distance, et il se borna à lui montrer le mont Tare, à dixhuit lieues au sud, et le mont Ugono, à vingt lieues au sud-ouest. Au pied de cette dernière montagne s'étend un grand lac qui porte le nom d'Ibé. Malgré le mauvais vouloir du guide, la petite caravane continua à s'avancer vers le pays de Tagga, à travers une région montagneuse et boisée, couverte d'inextricables buissons et traversée par des rivières. La nuit, on entendait le cri des hyènes et des autres animaux féroces, et, durant la marche, le jour, on voyait de grands troupeaux de zèbres, de girafes et de rhinocéros. Ce dernier animal est celui que les naturels redoutent le plus ; ils prennent la fuite à son aspect, et cherchent le plus souvent un refuge dans les branches d'un arbre, hors de la portée de sa vue. Loin d'être inoffensir comme l'éléphant ou l'hippopotame, dont on n'a rien à craindre si on ne les attaque pas, le rhinocéros se jette sur les hommes ou les animaux qu'il rencontre, les déchire, les foule aux pieds, et s'acharne sur sa proie jusqu'à ce qu'il soit certain qu'elle ait cessé de vivre.

Au nord-est de la roule que suivait M. Bebmann, se dessinait le mont Angolia, au pied duquel s'étendent les

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