DE L'EQUATEUR
parvint aux limites du pays occupé par les Masaï, peuple redouté du roi d'Ousambara. Ces sauvages ne disposent cependant que de moyens d'agression tout primitifs; leurs armes n'ont consisté pendant longtemps que dans l'arc et les flèches, et le plus grand progrès qu'ils aient accompli jusqu'ici a été d'y substituer la lance et le bouclier de peau de rhinocéros ou d'éléphant. Les Souâhliely, autre peuple de cette région, doivent à leur contact avec les Asiatiques et les Européens des armes plus redoutables. Ces Souâhhely sont des indigènes mélangés d'Arabes et depuis longtemps convertis à l'islamisme. Leurs tribus, répandues sur une grande partie de la côte de Zanguebar, dépendent du roi d'Ousambara. Cependant ils prennent le nom de Ouâounghonanayqxn signifie peuple libre, parce qu'ils jouissent d'un grand nombre de privilèges que n'ont pas les Ouâsambara. Us doivent cet avantage autant à leur religion, qui, aux yeux des indigènes mêmes, les élève au-dessus des idolâtres, qu'à leurs relations commerciales avec l'Europe et l'Asie.
Les montagnes de l'Ousambara sont extrêmement élevées; elles surpassent en hauteur celles du Bondeï et rendent difficiles le!s explorations des voyageurs. C'est au delà de ces montagnes, sur un terrain plus uni et^ parsemé cependant de hauteurs arrondies et arides où les indigènes établissent leurs habitations, et dont l'uniformité est coupée çà et là par des plantations de bananiers, de tabac et de cannes à sucre, que s'élève Touga, capitale de l'Ousambara. M. Krapf et ses compagnons y furent in-