EN AFRIQUE
à M. Livingston et à M. Andersson, ils ont traversé l'Afrique du sud à l'ouest après avoir exploré le N'gami et le bassin du Chobé, que Ton présume être le haut Zambèze.
La voilà donc envahie par les quatre points de Thorizon, cette Afrique si longtemps impénétrable. Elle nous fait retrouver, à nous hommes du dix-neuvième siècle, quelques-unes des émotions que devaient ressentir nos pères, il y a trois cents ans, au récit des découvertes dont un monde jusqu'alors inconnu était devenu tout à coup le théâtre; mais elle n'est pas un champ livré aux Pizarre, aux aventuriers sans frein et sans autre loi que leur cupidité et leur ambition. Des hommes éclairés, des missionnaires, partent, les instruments de la science ou l'Évangile à la main; ils bravent des fatigues et des dangers sans nombre. Quand la mort frappe dans leurs rangs, de nouveaux venus remplacent ceux qui tombent^ et toute leur ambition, à ces généreux soldats de la science, c'est la satisfaction d'une noble curiosité, la conquête d'intelligences et d'âmes obscurcies par les ténèbres de la plus profonde barbarie; c'est le désir d'ouvrir au commerce et à l'industrie des chemins nouveaux, c'est aussi l'espérance de faire participer un jour toute une race d'hommes longtemps maudits et mis^ables à ce bien-être, à cette amélioration sociale, à ce développement intellectuel que traduit et résume à lui seul le mot de civilisation.