DERNIERS EXPLORATEURS DU NIL
que les divers points géographiques n'en ont pas été scientifiquement déterminés.
Un autre voyageur encore est revenu de ces profondeurs de l'Afrique, qui rendent si peu de visiteurs, c'est M. G. Lejean. En 1859, Tempereur, s'intéressant aux tentatives failles par les diverses nations européennes pour trouver les sources du grand fleuve, voulut que la France y participât, sous son patronage direct; il fit venir M. Lejean, membre de la Société de géographie, que signalaient déjà quelques travaux poursuivis avec patience et sagacité, et lui proposa de prendre sa part des efforts alors tentés. M. Lejean accepta et partit. Il a dessiné quelques itinéraires importants et curieux entre la ville de la mer Rouge, Soakin et Khartoum, puis il a exploré le Kordofan. Mais il n'a pas atteint le but qui lui était proposé : la fièvre et les embarras créés au milieu des peuplades riveraines du Nil, par les vexations que les négriers ont fait subir aux noirs, les légitimes défiances de ceux-ci, l'ont empêché de s'avancer au delà du pays des Bary. 11 a rapporté en France des cartes des régions qu'il a vues et du Bahr-el-6azal, un des principaux af« fluents du Nil à sa naissance. *
Le vice-consul anglais à Khartoum, M. Petherick, a aussi tenté de remonter vers les sources du Nil. Ce voyageur a pénétré, en février 1858, jusque dans le pays des Monde, qu'il croit pouvoir placer sous l'équateur. Mais c^est une erreur. Le défaut de reconnaissances précises enlève à ces recherches leur meilleure part d'in-
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térct, et il est présumable, en comparant la relation de M. Petherick à celle des autres voyageurs, que le viceconsul anglais n'a pas dépassé le quatrième parallèle. Ce même voyageur repart en ce moment pour aller par le Nil Blanc à la rencontre des voyageurs Speke et Grant, dont nous verrons tout à l'heure les tentatives de Test en ouest vers les grands lacs.
Tels sont, dans leur ensemble, les travaux et les découvertes qui se rattachent plus ou moins directement à la recherche des sources du Nil. Les grands travaux géographiques qui vont se poursuivre dans l'Afrique orientale nous promettent d'importants résultats, et cela au moment ipéme ou le projet de percement de l'isthme de Suez appelle les regards des nations industrieuses et commerçantes de l'Europe sur les régions que cette partie de l'Afrique embrasse. Là cependant ne se bornent pas les explorations et les expéditions de toute sorte qui parcoureilt en tous sens et labourent pour ainsi dire au profit de la civilisation le sol rebelle de l'Afrique. Il faut ajouter à tous ces voyages cette admirable expédition dont deux membres sont tombés sans que le troisième, qui voyait k mort frapper ainsi ses deux compagnons, sentit faiblir un instant son courage. On sait que M. Barth a rapporté des documents du plus grand intérêt, que lui-même a publiés. Nous allons voir aussi et raconter les explorations des voyageurs anglais Burton et Speke vers les grands lacs de l'Afrique équatoriale, que le missionnaire Erhardt avait signalés. Quant