LE VOYAGEUR GALTON
leux de Cassange, sur lequel on ne possédait que les plus vagues renseignements. jUn fait qui mérite d'être noté, c est qu'il trouvait les noirs plus défiants et moins hospitaliers à mesure qu'il se rapprochait des établissements poiiugais. Toutefois le voyageur poursuivit son itinéraire avec un courage supérieur à tous les obstacles, et au mois de juin 1854 le bulletin officiel d'Angola apprit au monde savant que le docteur avait atteint le but de ses persévérantes fatigues : il venait d'entrer sain et sauf, suivi de quatre domestiques, dans Saint-Paul de Loanda.
De l'Angola, rinfatlgable missionnaire est retourné sur le Haut-Scscheké, qu'il a suivi et reconnu dans la plus grande partie de son cours, et il s'est arrêté seulement à la slation portugaise de Tête, dans laquelle il est entré le 2 mars 1856. Nous donnerons, dans un chapitre particulier, des détails sur les travaux par lesquels le missionnaire s'est signalé depuis ce temps.
Tandis que M. Livingstone, avec des compagnons d'abord et seul ensuite, découvrait le N'gami, relevait le cours du Zambèse et traversait l'Afrique australe, un autre Anglais, M. Francis Galton visitait la plage nue et sablonneuse qui, de la baie de Walwich au cap Frio, porte le nom de terre de Cimbéba ou^Cimbébasie. Parti en 1850 du cap de Bonne-Espérance, il remonta avec un petit bâtiment, le long de la côte occidentale, jusqu'à la baie de Walwich. Là, muni de deux chariots, de bœufs et de mulets et suivi de quelques noirs, il s'aventura dans l'intérieur des terres, et après avoir traversé un canton
LE CHASSEUR ANDERSSON. 81
entirrement désert, il parvint chez les Damaras, peuplade qui, dans le langage de celte partie de TÂfrique, porte le nom de Ovahevero ou hommes joyeux. Plus loin, dans Tintérieur, habitent les Ovampantieriiy c'est-à-dire les trompeurs. Damup est le nom que les riverains de TOrange donnent à Tensemble de ces populations, et que les marchands hollandais ont transformé en celui de Damara^. En 1852, un nouveau voyageur se lançait dans la carrière des explorations africaines; c'était un jeune naturaliste suédois, qui se rattachait par sa mère à une famille atiglaise, — M. Charles Andersson. Aguerri dès son enfance à la chasse dans les forêts et les montagnes de la Suède, M. Andersson vint à Londres chargé de (ouïe une collection des dépouilles de ses victimes, et là il Rtla rencontre de M. Galton, qui, de retour de sa première expédition, en méditait une seconde. Les récits de Texplorateur du pays des Damaras enflammèrent Timagination de M. Andersson. Pénétrant plus avant qu'aucun chasseur ou naturaliste ne Tavait fait avant lui, M. Andersson accomplit, du Cap aux possessions portugaises de la côte occidentale^ un trajet presque aussi considérable que celui de M. Livingstone. L'ouvrage qu'il a publié en Angleterre à son retour est particulièrement profitable à l'histoire naturelle, on y trouve aussi des détails géographiques qui complètent et confirment les renseignements dus au missionnaire qui a précédé le voyageur suédois.
Après une première excursion accomplie, en compagnie de M. Galton, aux environs de la baie de Walwich,