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LA VILLE DE L1BÉBÉ

une population agricole et industrieuse, présentant de grands rapports avec certaines populations de la côte de Mozambique. Sans doute des liens de parenté rattachent entre elles les populations principales de rAfrique, malgré la diversité de leurs noms, de leurs dialectes et même de leurs habitudes. Il appartiendra aux ethnographes, quand la géographie aura complété ses travaux et ses découvertes, de grouper par familles ces peuples en apparence innombrables et d'étudier la filiation, aujourd'hui si obscure, des races africaines.

Du N*gami à la grande ville de Libébé, il existe par terre une route plus facile et plus directe que le cours du Tioghé ; mais elle est peu fréquentée à cause du tsé-tsé, qui anéantit en peu de jours de nombreuses caravanes. Quant au séjour de Libébé, une fièvre épidémique mortelle, même pour un grand nombre d'Africains des régions plus méridionales, l'interdit aux hommes venus d'Europe pendant une saison heureusement assez courte. M. Andersson ne visita pas en personne la capitale des Bavicko, mais il recueillit tous les renseignements qu'il put se procurer des indigènes, et apprit que la région dans laquelle cette ville est située est arrosée par un grand nombre d'affluents du Tioghé, desquels les uns sont permanents et les autres temporaires, c'est-à-dire résultant des pluies et tarissant avec la saison sèche. Les indigènes disent qu'un fleuve considérable, le Cuanené peut-être, ou même le Kouanza, navigable jusque vers ses sources, coule dans le pays des Bavickô, portant à

LES TRIBUS BAYÉYÉS. 89

rÂilanlique un volume d*eau considérable. Si ce fait, qui a besoin d'être constaté, se confirmait, on verrait s'ouvrir une voie nouvelle et peut-être une communication facile pour pénétrer de la côte occidentale dans Tintérieur de TAfrique.

Parmi les tribus voisines du N'gami, nous avons déjà cité les Bayéyés, qui, selon les savantes conjectures d'un géographe anglais, M. Cooley, ont dû émigrer de la côte occidentale vers les régions du lac à une époque déjà lointaine. Toutefois les Bayéyés ont plus de ressemblance avec les indigènes du Congo qu'avec ceux du Mozambique. Leur physionomie est très-laide, et leur peau couleur de suie. Assujettis par lesBechuanas, qui se sont répandus en conquérants jusque dans cette contrée éloignée de celle que le noyau de leur tribu habite, ils ont adopté le costinne et les armes de leurs vainqueurs. Ce costume consiste simplement en une peau attachée autour des reins, qui retombe sur les épaules, formant de chaque côté une sorte de nœud. Les femmes ne portent qu'une simple peau assez semblable à une courte chemise. Les armes sont la zagaie barbelée et le bouclier en peau de bœuf.

Tout le pays des Bayéyés est coupé de rivières et de larges marais qu'ombrage une riche végétation. Les arbres, baobabs, palmiers-, sycomores, y atteignent des proportions gigantesques. Le sol est partout fertile et donne, avec peu de culture, d'abondants produits. C'est après les premières grandes pluies que les Bayéyés se-

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