‹ L'Afrique nouvelleChapitre 68 sur 265 · LES CHASSEURS · texte numérisé non relu

LES CHASSEURS

beauté ; ils s*élcvent à trois cents mètres de hauteur et sont couverts de bois. Au delà du point où l'expédition s'est atrêtée, le fleuve se rétrécissait, et son lit, plus profond, coulait entre des gorges de rochers entassés à une •grande hauteur. C'est une prochaine expédition qui décidera si vraiment il existe une communication entre les eaux de ce fleuve et celles du Nyasàa .

Aux expéditions dans rAfrique australe, il convient de rattacher les courses de quelques intrépides chasseurs que leur ardeur mène quelquefois, au profit de la science, par delà la^imite des terres connues. Notre le Vaillant, que la passion de cette vie aventureuse et vagabonde entraîna à la poursuite des grands animaux à travers des régions nouvelles, a eu de nombreux héritiers, surtout parmi les gentlemen anglais et les hardis chasseurs des régions du Nord: Nous avons mentionné les exploits du Highlander Gordon Cumming, du Suédois Wahlberg, qui péril écrasé sous les pieds d'un éléphant. Leurs successeurs s'appellent aujourd'hui Green, Baldwin, le chevalier de Pradt. Le plus avenlur reux dé tous, le Suédois Charles Andersson, auquel on doitune relation de voyage dont nous avons aussi parlé, a repris ses courses vagabondes au delà du pays des Namaquois. Mêlant aux jouissances de la chasse la curiosité géographique, il s'en est allé à la recherche du fleuve Cunéné dont nous tenons l'embouchure, mais sans connaître sa direction. Ses courses Font conduit sur les bords d'un autre fleuve qui ne figurait pas sur no$

100 LA RIVIÈRE OKAVANCO.

cartes, rOkavango ou Okavanajo. Ce grand cours d'eau parait être navigable, et ses bords sont habités par des peuplades agricoles. A Tépoque où le voyageur s'avança dans cette direction, le climat était insalubre; mais il pense qu'on pourrait y pénétrer sans danger, de juin à septembre.

M. Green a visité les districts Ondonga et Ovampo. De leur côté, deux missionnaires, MM. Hahn et Rath, se sont avancés du pays des Damaras dans la même direction. Ils ont vécu pendant longtemps au milieu des Bushmen, hommes des bois, cette branche des Hottentots, dont nous avons signalé la misère et la dégradation. Ceux qu'ils ont vus leur ont donné une moins mauvaise opinion du caractère de cette famille d'Africains, bien qu'elle soit en effet fort misérable. Les voyageurs ont suivi le cours deTOmuramba et de l'Ovampo. Le crocodile s'avance jusque dans ces cours d'eau, qui se présentent comme la limite la plus occidentale que ce saurien atteigne en Afrique. En juillet 1857, ils parvinrent surles bords d'un lac formé par TOmuramba et qui n'a guère que cinquante kilomètres de circonférence. On croît que c'est celui que M. Galton a déjà signalé sous le nom d'Etosa. Les tribus qui occupent les territoires situés entre l'Ondonga et le Cunéné connaissent les armes à feu et sont en relations avec les marchands portugais. Cette partie de l'Afrique est plus peuplée qu'on ne le pensait. Les travaux'de la mission ont l'utile résultat de répandre, au milieu de ces populations, quelques lumières et des con-

LES OVAMPOS 101

naissances pratiques. Le pays est fort riche. Les indigèncs Ovampos exploitent, dans les montagnes, d'abondantes mines de cuivre, et leur soi est très-fertile; le cotonnier y croit à l'état sauvage et la flore africaine s'enrichira de bien des notions, neuves, quand les végétaux inconnus et souvent étranges de ces régions auront été classés.

Page 1