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LA TRIBU DES BAIBAI

Mekkeet de Stamboul, et s'il saurait en fixer la position; mais une femme enceinte qui se trouvait là le pria de cacher cet instrument dans la crainte qu il ne portât malheur à son enfant. Les signes d'écriture n'excitaient pas moins la curiosité; on lui demanda de tracer quelques caracicres. Le docteur écrivit sur un morceau de papier Hamaruwa, 25 septembre 1854, et le donna à l'un des chefs; tous voulurent en avoir. Il divisa alors son papier et en distribua les fragments aux naturels, qui les considéraient comme des amulettes. A son retour, le docteur s'égara à la poursuite d*insectes; il ne put regagner son bâtiment, et passa la nuit dans le feuillage d'un boabab.

On touchait cependant à l'époque où la rivière décroit. Quelques symptômes de maladies s^étaient manifestés, particulièrement chez les marins indigènes qui étaient constamment exposés à de grandes fatigues. Cette circonstance, la difficulté chaque jour plus prononcée de se procurer du combustible, plus encore les premiers indices de la baisse des eaux déterminèrent le chef de l'expédition a laisser la Pleiad et à clore cette reconnaissance par une excursion en canot. Il embarqua donc pour quelques jours de vivres, et parcourut un espace d'une vingtaine de lieues dans l'est. Les localités qu'il visita appartenaient à la tribu sauvage des Baibai et sont appelées Lau, Djin et Dulti. Les habitants sont de plus en plus barbares; toutefois à Lau le docteur put recueillir quelques renseignements sur les pays qui s'étendent plus

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loin. Il apprit qu'il n'était plus qu'à une dislance de cinq journées du Faro, grande rivière que Barth avait vue à son confluent avec le Binué. La possibilité d'atteindre les pays' du Soudan par la Tchadda était dès lors démontrée, et M. Baikie, rejoignant la Pleiad^ se décida à redescendre Tiraporlant cours d'eau qu*il venait d'explorer.

La dernière partie du voyage de la Pleiadn oîtrzni aucun incident remarquable, nous ne suivrons pas les courageux navigateurs à travers des lieux déjà visités. Il y a quelques mots à dire cependant du pays nommé Igbira, où les voyageurs recueillirent de nouveaux détails sur les désastres causés par la grande invasion desPùlos. Le roi de ce pays, retiré depuis le sac de Panda dans la ville de Yimaha, redoutait de nouvelles violences après rinondation. Au moment où la Pleiad repassa, il venait de recevoir une dcputation de ses ennemis, qui s'engageaient à lui accorder la paix s'il voulait s'astreindre à un tribut de cent esclaves, et le pauvre roi délibérait avec ses officiers sur cette proposition. Laissant de côté l'étiquette, il vint trouver M. Baikie et lui fit part de la demande, ajoutant qu'il penchait à ne rien accorder, parce que s'il livrait les cent esclaves demandés, ses ennemis ne farderaient pas à en exiger le double. Il songeait donc à se retirer jusque dans l'Akpoto» bien qu'il luifût pénible d'abandonner Yimaha, qui s'était relevée de son désastre de Tan passé, et qui redevenait Irès-florissante. L'Anglais ne put qu'approuver sa résolution, puis aux consolations qu'il lui donna, il ajouta quatre sacs de

LE MARCHÉ D^YIMAUA. 119

cauris destinés au rachat de ceux de ses gens que les Pùlos avaient pris. Ces pauvres gens, si fort maltraites par rinvasion et Toppressiondes Pûlos, sont inoffensifs et de mœurs douces et bienveillantes. Il deviendra facile •aux Européens de s'établir au milieu d'eux, s'ils conli» nuent à les gagner par de bons traitements. Ils sont bien plus industrieux qu'on ne le supposerait : Yimaha, nial« gré ses lïialheurs récents, était une ville populeuse et active. Les Anglais ont vu sur son marché toutes les denrées dont les riverains du Binué et du Kworra inférieur font commerce, huile, sel, beurre^ vin de palmier, fruits, poissons, céréales, parmi lesquelles quatre espèces de blé. L'industrie n'est pas moins active; il y a des teintureries, des filatures, des fabriques de nattes, des brasseries, car les divers grains servent à faire une bière qui, sans valoir le vin de palmier, a cependant un goût fort agréable. Nos Anglais virent un forgeron actif et qui maniait avec une grande dextérité ses iostruments grossiers ; cet ouvrier industrieux attisait son foyer avec deux outres do peau de bouc auxquelles était attaché un tuyau de cuivre; un petit trou qu'il ouvrait et bouchait alternativement avec la main g|ervait à l'introduction de l'air. « Nous fûmes si charmés de sou adresse, dit M. Baikie, que nous lui fîmes présent d'un marteau, a

Ce ne sont pas seulement les nègres d'Yimaha qui sont actifs et industrieux. Dans l'Igbo, qui fut visité bien plus longuement au retour qu'au départ:, il se fabrique de jolis tissus à raies. Les chefs de Tlgbo forment une

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