LA VILLE SAINTE D^ARO
aristocratie très-compliquée, et sont beaucoup plus belliqueui que ceux de Tlgbira. Ils sont couverts de brace? lots et de colliers. Leur costume se compose uniformément d*une pièce de calicot serrée autour des reins, d'une peau de léopard jetée sur les épaules, et d'un bonnet rouge orné de plumas rouges et blanches, dont le nombre indique combien d'ennemis ils ont tués corps à corps. Beaucoup en portent cinq ou six, et le roi a droit à sept. Dans ce pays, assez avant dans l'intérieur des terres, entre le Niger et la rivière du Vieux-Galebar, il y a une ville sainte du nom de Aro; elle est, à ce que disent les naturels, le séjour de TchukUj l'Être suprême, lequel a un temple où les djù-djù (prêtres) entrent en communication directe avec lui. Les rites de cette religion sont grossiers et bizarres. Lorsqu'un homme va consulter To/iujru, il est reçu par un prêtre, au bord d'un ruisseau, en dehors de la ville. On sacrifie une poule, et, si l'oflrande est mal reçue, les prêtres jettent dans l'eau une teinture rouge : ils prétendent que l'eau du ruisseau est changée en sang, et que le pèlerin a été emporté par Tchuku. On ne le revoit plus en effet, et il parait que les djù'djù le dirigent à la côte pour le vendre comme esclave. Une consultation à Âro n'estdonc pas sans danger; toutefois il est facile avec une offrande convenable de se rendre la divinité propice, et M. Baikie vit un homme qui revenait d'Aro; il était revêtu encore du caractère sacré que communique ce pèlerinage, et en signe de sainteté il avait le tour des yeux barbouillé de jaune.