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CROYANCES ET SUPERSTITIONS DE LIGBO

Il y a un aiftre dieu que Tchuku, lequel s'appelle Grissa ou TchukU'ùkelé. Celui-ci est le dieu créateur chez lequel les bons iront, après leur mort, faire bombance, à moins qu'ils ne préfèrent retourner dans telle contrée qui leur plaira sur la terre. Cette croyance est Toriginedu louchant espoir que des nègres esclaves témoignent en mourant lorsqu'ils disent qu'ils reverront leur pays natal. A ces deux divinités, l'une toute-puissante, l'autre bienfaisante, est opposé Okomo, l'esprit du feu. C'est lui que les méchants consultent quand ils veulent réussir dans quelque entreprise perverse. Heureusement Ton peut contre-balancer par d'autres prières les vœux d'un ennemi; ainsi, lorsqu'un homme méditant un meurtre a été invoquer Okomo, sa future victime peut, si elle en est avertie, aller à son tour porter ses prières et surtout ses présents sur son autel.

A Abo, principale ville de l'Igbo, tous les habitanis de quelque distinction, hommes et femmes, ont un djùdjù (ce mot s'applique aux objets sacrés aussi bien qu'aux personnes) qui les préserve de toute mauvaise influence. CtdjU'djù consiste habituellement en une mâchoire inférieure de cochon, ou, à défaut d'un si beau talisman, en un morceau de bois qui a cette forme. Les morts sont couchés dans des fosses creusées ait milieu même de leur hutte, que leurs héritiers n'abandonnent pas pour cela. Jadis les grands personnages étaient placés dans des tombeaux en forme de larges entonnoirs, entre deux couches d'esclaves que Ton immolait pour cette circon-

Wi EXPÉDITION DE 1860.

stance. M. Baikie dit que cette pratique sanguinaire tend à disparaître; il parait cepend/ant que qyafaute esclaves furent encore immoles à la mort du dernier roi. Les femmes portent des bracelets en ivoire Irès-lourds qui sont rivés à leurs jambes. Le temps est mesuré par saisons et mois lunaires, lesquels sont divisés en sept périodes de quatre jours. A la côte, les cauris ont perdu toute valeur ; plus on se rapproche de la mer et plus ils diminuent de prix; dans llgbo, c*est lesel qui sert d'intermédiaire pour les échanges.

Après rigbo, la Pleiad traversa l'Oru et revit la mer.

Celte exploration de la rivière Tchadda, le principal affluent du Niger, est très-complète; le petit vapeur a remonté la grande rivière aussi loin que possible. Mais si le cours d*eau tributaire est désormais bien connu, il n*en est pas de même de toutes les parties du majestueux fleuve. Les précédentes explorations du Niger laissaient subsister une lacune entre les villes de Yauri et de Say sur le cours moyen du Niger. Say est un peu au-dessus du treizième parallèle nord. Le docteur Baikie voulut que le bassin entier lui dût sa reconnaissance hydrographique, et il est reparti en 1859 sur le petit vapeur à hélice Dayspring. Malheureusement l'expédition a été retardée dès son début par un accident : le steamer a échoué sur les bas -fonds du fleuve, en un lieu appelé Rabba, près de l'entrée du Niger, et il a fallu beaucoup de temps pour réparer ses avaries. Partie en 1860, l'expédition a reconnu le Napé et l'Yoruba, avec les villes de

RÉSULTATS DE CES EXPLORATIONS. i 23

Gorju et de Bida, dans une contrée montagneuse entourée de plaines bien cultivées, qui produisent surtout de l'huile et du coton. Uii des membres de l'expédition, le lieutenant Glower, a dressé une carte du cours inférieur du Niger et dé son delta, qu'il est si utile de connaître. Quant à la région entre Yauri et Say, le temps n'a pas permis de Tétudier d'une façon complète; ce sera pour une procliaine expédition qui, sans doute, ne se fera

pas attendre;

Résumons maintenant les résultats obtenus par Texpédilion anglaise delaTchadda; Cesi^résultats ont un double intérêt. D'abord le Binué ou Tchadda a été reconnu sur un espace de cent vingt lieues environ au delà du point alleint jusqu'à ce jour par les hommes d'Europe. Les mœurs des indigènes, étudiées atteiitivement, ont prouvé qu'il était possible d'entretenir avec eux des relations amicales. La route fluviale du Soudan a été en quelque sorte tracée, pendant que le docteur Barth explorait si courageusement la route terrestre de la même région. Par le Binué, mis peut-être en communication avec le lac Tchad, au moyen du Scliari ou du Serbewel, les Européens entreront facilement en possession du cours du Soudan par les voies fluviales, c'est-à-dire relativement faciles. C'est maintenant ce qu'il s'agit de rechercher, si quelque canal naturel n'unit pas la Tchadda ou quelquesuns de ses tributaires a^ix affluents du Tchad. A défaut de canal naturel, on est sûr que l'industrie européenne |)ourra, si elle se fixe dans ces lointaines contrées, subve-

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