CHAPITRE VIII
LES iiiBi«iBiiKS »mn monnu du lac
Faune africaine. — Le singe mbëga» — Aspect du lac Tanganyika. — Ujiji. — L'esclavage. — Rapt des cnriinls. — Les Wajiji. — Les races de rUnyamwezi, les Wakimbu et les Wanyarawezi. — Industrie. — Usages. — Le mariage. — Funérailles.
Nos voyageurs poursuivaient leur itinéraire à travers rUnyamwezi et, i)icn qu'ils fus.sent très-fatigués, et que M. Burton particulièrement souffrit d'une cruelle ophlhalmie, ils eurent le soin de recueillir dés renseignenientssur la faune et la flore du pays. La flore est tout à fait semblable à celle des régions voisines; la faune offre quelques particularités. Dans les jungles habitent le lion, le léopard, les hyènes. Le chat sauvage est fréquent dans les forêts; Téléphant, le rhinocéros, la girafe, le buffalo du Cap, le zèbre, un animal appelé qnagga^ mais que les voyageurs n'ont pas pu voir, parcourent les plaines. Dans toutes les grandes étendues d'eau.v vivent Thippopotame et le crocodile. Ce qui semble particulier à cette région ce sont diverses espèces rares de singes : le nyanni
LK MBÉGA OU l'OLUMÉ. 145
cynocéphale rouge, noir ou jniine, qui atteint la taille d'un grand chien. On dit qu'il est la terreur des districts du voisinage et que les femmes surtout doivent craindre d'approcher de sa retraite. En troupes, ces cynocéphales, assure-t-on, ne craignent ni le lion ni le léopard. Il existe un autre genre de singes très-curieux, appelé dans le pays mbéga. C'est le même que le docteur Livingston a vu dans rAfrique australe où on lui donne le nom de polumé. Il est remarquable par sa peau d'un noir luisanl sur laquelle se répand une sorte de chevelure blanche comme neige. C'est un joli animal, bien propre, tou* jours occupé à polir sa belle robe. On le persécute pour sa dépouille; mais lui, suivant un dire des Arabes qui sent un peu la fable, ne veut pas la livrer, et, quand il est blessé et qu'il se sont près de périr, il la met lui-même en pièces. Ce joli quadrumane vit dans le feuillage, il ne descend guère à terre, et ne se nourrit que de jeunes feuilles et^ de fruits.
Dans le voisinage de l'Unyanyembé, on trouve, disent encore les Arabes, une espèce de chien sauvage, trèsféroce, haulededix-huit pouces, qui se ramasse en troupes de vingt à deux cents pour se jeter avec d^affreux hurlements sur les bêles et même sur les hommes. Les oiseaux aquatiques, gibier toujours préparé pour le chasseur^ abondent sur les moindres mares; les autruches deviens nent aujourd'hui fort rares. Les animaux venimeux sont peu nombreux; il existe un serpent couleur d'ardoise, avec un ventre qui a l'éclat de l'argent, il n*est pas dart-