‹ L'Afrique nouvelle;Chapitre 150 sur 187 · I. — LES VOIES FERRÉES · texte numérisé non relu

I. — LES VOIES FERRÉES

La vitalité de TÉtat inclependant du Congo s'est accusée et continue de s'affirmer par des travaux i)ublics qui font honneur à notre temps et qui transforment les conditions économiques de l'Afrique centrale. Il n'est i)lus nécessaire de démontrer combien la question des chemins de fer est liée aujourd'hui à l'introduction de la civilisation dans les pays neufs et à la mise en valeur des richesses que renferment les terres vierges (i). Il n'est

(ï) Voy. Bibliothèque coloniale iiiteruationalo. Les chemins de fer aux colonies et dans les pays neufs, I, p. 5ii. Rapport à l'Institut colonial international, x)ar le lieutenantcolonel TiiYS, 28 mars 1899.

pas davantage nécessaire de rappeler combien la création d'un chemin de fer destiné à relier à la mer Timmense réseau navigable, creusé par la nature dans le centre africain, était indispensable à la prospérité de TÉtat du Congo.

Les obstacles qui s'oi)posaient à une telle entreprise à l'origine étaient considérables : il fallait réunir les capitaux, il fallait réaliser l'œuvre elle-même qui n'était point sans aléa. Des hommes d'initiative, de compétence et d'énergie, ayant à leur tête le lieutenantcolonel Thys, se vouèrent à ce labeur, soutenus puissamment par l'État. Une première convention ayant pour objet immédiat l'étude de la ligne reliant le Bas-Congo au Stanley-Pool fut conclue entre l'État et la Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie à la date du 26 mars 1887. La convention définitive porte la date du 9 novembre 1889.

La Belgique accorda à la Compagnie l'appui de son or et de son crédit. La loi du 29 juillet 1889 autorisa le gouvernement belge à s'intéresser à l'entreprise à concurrence d'une somme de 10 millions représentée par 2o,(x>o actions de capital de 5oo fr.

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cliaeune, productive d'un intérêt de 3 1/2 % et amortissable au pair endéans quatrevingt-dix-neuf ans.

La première brigade d'ingénieurs quitta Anvers le 11 octobre. Les premiers travaux de terrassement commencèrent en mars 1890.

Nous n'avons pas à rappeler les difficultés et les épreuves dont durent triompher les initiateurs du chemin de fer des cataractes au cours de leur travail. Ce n'est i)as seulement au Congo qu'ils rencontrèrent des obstacles à la continuation de leur œuvre. La Belgique intervint utilement une seconde fois, et par la loi du 29 mai 1896, approuvant la convention des 27 mars- 10 avril de la même année, elle porta sa souscription de 10 à i5 millions et accorda l'aval du Trésor à une émission de 10 millions d'obligations. Après huit années de travail oi)iniàtre, la construction du chemin de fer fut achevée. Les cérémonies de l'inauguration officielle eurent lieu du 2 au 8 juillet 1898, en in*ésence des délégués officiels de dix gouvernements.

Le chemin de fer a 4^>o kilomètres de longueur. La voie est à petit écartement de o'",75. La construction a coûté environ 75 millions, au lieu des 25 millions primitivement prévus.

Nul ne méconnaît plus aujourd'hui les services que ce chemin de fer a rendus à l'œuvre congolaise, ni ceux qu'il est appelé à lui rendre dans l'avenir. Nul ne conteste que tout en servant puissamment les intérêts des blancs, il n'ait amélioré la condition des noirs par la suj^pression du portage à dos d'homme et en permettant aux indigènes de s'adonner à des travaux moins durs et plus productifs. Trait d'union nécessaire entre l'estuaire congolais et le haut fleuve, véhicule d'inépuisables richesses, le chemin de fer du Congo est en même temps un des plus puissants organes de la civilisation africaine (i).

Le second chemin de fer dont on décida la construction fut celui du Mayumbe, établi dans le but de mettre en valeur la riche contrée du même nom. Ce chemin de fer relie Boma à la Lukula, distant de 80 kilomètres, et est en exploitation depuis la fin de l'année

(i) Nous avons examiné précédemment, p. 189, le» questions que peut soulever la convention du 12 novembre 1901 concernant les tarifs. Voyez également notre rapport au Sénat, en date du 26 juillet 1901, § 7 : /ia question du chemin de fer du Congo au point de vue du droit de rachat et de la diminution des tarifs de transport.

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1901. Sa construction a duré trois ans. La convention de concession date du 21 septembre 1898. L'écartement des voies est de

L'État a fait ensuite procéder aux études, pour chemin de fer à voie de i mètre d'écartement, des lignes dont la construction vient d'être commencée par la Comi)agnie des Chemins de fer du Congo supérieur aux grands lacs africains. La convention entre rÉtat et la Compagnie date du 4 janvier

1902. Les nouvelles lignes, au nombre de trois, ont un tracé total d'une longueur de 1,600 kilomètres approximativement.

La première, ayant Stanleyville comme tcte de ligne et Mahagi comme terminus, traverse toute la partie nord de la Province- Orientale, en passant par Bafwaboli, Bafwasende, Avakubi, Mawambi et Iremu. Elle a surtout pour but de permettre la mise en valeur des riches forêts qu'elle traverse. Ce tracé, commencé en 1900, est actuellement entièrement terminé, et la ligne a une longueur totale de 1,120 kilomètres.

La deuxième ligne a également Stanleyville comme tète de ligne. Elle se dirige vers le sud, i)our atteindre Ponthierville, en

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suivant d'assez près le cours du fleuve Congo. Entre Stanley ville et Ponthierville, se trouvent i)lusieurs rapides qui rendent la navigation impossible aux grands vapeurs. Ce tronçon de ligne rendra donc les mêmes services que rend la ligne de Matadi au Stanley-Pool. Cett^ seconde ligne a plus spécialement pour but de relier entre eux les différents biefs navigables du Lualaba, en contournant les chutes qui forment obstacle à la navigation. Les tronçons au delà de Ponthierville seront déterminés au fur et à mesure que les études entreprises ])our la navigabilité du fleuve en démontreront la nécessité et Timportance.

La troisième ligne projetée doit relier un l)()int du fleuve vers Nyangwe-Kasongo au lac Tanganika. L'étude de cette partie n'a l)as encore été effectuée.

L'Ktat vient de constituer récemment une ncmvelle brigade d'études ayant pour mission de relever le tracé entre Mahagi et Redjaf, sur le Xil, sur une distance approximative de 3(>o kilomètres. Cette ligne fera suite à celle qui relie Stanlej^dlle à Mahagi et reliera en prolongeant celle-ci le Congo (fleuve) au Nil.

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Il a également été décidé, — et les ordres ont été donnés à cette fin — de faire étudier le tracé d'un chemin de fer reliant Maliagi à un point septentrional du lac Tanganika.

Enfin, dans les vastes territoires du Katanga opère également une mission, ayant pour objet Tétude d'un chemin de fer partant du lac Kasali, sur la Lufira, et se dirigeant vers la frontière méridionale. Approximativement, la longueur totale de ce chemin de fer ne sera pas inférieure à 4^0 kilomètres.

Les progrès réalisés dans l'État au point de vue « chemins de fer » sont des plus remarquables : ils ont vivement appelé l'attention de tous ceux qui s'occupent de colonisation. Il est superflu de rappeler les ai)préciations unanimement élogieuses auxquelles ils ont donné lieu, tant les faits parlent ici d'euxmêmes. Au bout d'une dizaine d'années, dans un pays neuf, aux prises avec des difficultés de toute nature, disi)osant de moyens limités, près de 5oo kilomètres de voie ont été construits et sont en exi)loitation, la construction des 1,600 kilomètres des chemins de fer du Congo supérieur est entamée, et les études de plus de 1,200 kilomètres ont été décidées et sont en cours de réalisation.

5o6 LES ROUTES DE L*ÉTAT

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