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LA NAVIGATION FLUVIALE

La flottille du Haut-Congo est particulièrement importante. Les premiers vapeurs lancés sur le haut fleuve n'avaient qu'une capacité de transport de 5 tonnes : les pièces qui les composaient avaient été transportées à dos d'homme sur le chemin des caravanes, longtemps avant la construction du chemin de fer des cataractes. Ils rendirent d'inappréciables services.

La construction du chemin de fer do Matadi au Pool ne pouvait manquer de donner un développement considérable aux transports fluviaux. Dès avant l'achèvement de la ligne, l'État avait lancé sur le haut fleuve douze bateaux de 5 tonnes (chacun de ces bateaux comportant une moyenne de 6oo charges pesant ensemble 23,5oo kilog.), un de 23 tonnes et quatre de ^o tonnes.

L'achèvement de la ligne permettait de ne plus se préoccuper du poids des charges à convoyer jusqu'au Pool et d'arrêter un type d'embarcation présentant le plus d'avantages au ijoint de vue des services à rendre

dans les conditions variables de navigabilité où Ton était appelé à fonctionner. Les l^rincipales questions à résoudre étaient la vitesse minimum des vapeurs, le tirant d'eau, le système de propulsion et la forme du bateau. Après de nombreuses études, l'État s'est arrêté aux sternwheels qui offrent des avantages marqués sur les autres types d'embarcation.

La flottille du Haut-Congo appartenant au gouvernement se compose actuellement de 32 bateaux se déconii)osant comme suit :

lo bat. d'une capac. de transp. de .') touues en lourd chacun.

1 » » )) Go » )) »

2 remorqueurs et allèges de 35o » » » I » de 5o » )) »

I dragueur est également en service sur le haut neuve.

Plusieurs sternwheels de ^kx) tonnes, destinés au transport des matériaux des chemins de fer des grands lacs, ne tarderont pas à être en service.

Parmi ces vapeurs, trois types distincts sont surtout à mettre en relief : les vapeurs de 22, de /[o et de i5o tonnes.

La variété du tonnage et des modèles des nombreux steamers provient en partie des phases par lesquelles a dû passer le service des transports avant Taclièvement de la ligne du chemin de fer des cataractes et aussi d'acquisitions successives, faites par l'État à la suite de circonstances diverses qui n'ont rien de commun avec la comj^osition la plus logique à donner à un service de navigation.

L'État s'est efforcé de régler le service des div^ers bateaux de façon à leur faire obtenir un maximum d'effet utile.

Toute une organisation d'escales et de ports d'attache a été établie.

Il a été installé sur divers points des stations de dépôts, où les grands transports viennent débarquer des approvisionnements et embarquer les produits destinés à Léopoldville.

C'est dans ces dépôts que viennent apporter leurs produits et prendre leur chargement les vapeurs de moindre tonnage qui vont alors alimenter leurs ports d'attache, où parfois des steamers encore plus petits viennent, à leur tour, s'approvisionner pour pénétrer jusqu'aux extrémités des sousaffluents navigables du fleuve.

Tous ces steamers sont alimentés au moyen de bois, et de distance en distance des postes sont installés où des travailleurs, à la solde de TÉtat, entretiennent des dépôts de combustible, auxquels les steamers de passage viennent s'api)rovisionner. Il ne l^eut y avoir aucune crainte de voir s'épuiser ces réserves, TKtat faisant reconstituer la foret dans la mesure où elle se dégarnit.

Ajoutons que les parties les plus difficiles de la navigation ont été soigneusement explorées et balisées et que le service hydrographique de TEtat, après avoir satisfait aux exigences pratiques les plus immédiates, perfectionne de jour en jour son œuvre.

Depuis iSyO, le gouvernement a établi un service régulier de navigation entre Léopoldville et les Falls deux fois par mois). Pour desservir les biefs navigables au delà des chutes, des vapeurs (mt été lancés sur le Lualaba, sur Tltimbiri et sur rUbangi. Un voilier a été lancé sur le Tanganika et un steamer a été transporté jusqu'au Xil.

Des services de canotiers indigènes ont de même été organisés en certaines régions et fonctionnent dans des conditions auxquelles

les voyageurs ont fréquemment rendu hommage.

C'est ainsi que le réseau hydrographique du Congo, qui, sous le rapport de l'extension, ne le cède qu'à celui de l'Amazone, est utilisé aujourd'hui dans une mesure qui I)erinet de faire fruit de ses merveilleux avantages économiques.

Le nombre de steamers fluviaux appartenant à l'État ou à des particuliers, naviguant actuellement sur le Congo supérieur, est de 102. Parlant du mouvement de la navigation sur le haut fleuve, M. de Puttkamer, gouverneur du Kamerun, s'exi)rimait en ces termes :

« L'État du Congo, cxui s'est cLargé de l'administration et de l'entremise du trafic, dispose d'une superbe flottille de plus de trente vapeurs de différentes dimensions. Malgré cela, l'État est incapable de faire face à toutes les demandes de transport; aussi toutes les maisons établies ici construisent-elles maintenant des vapeurs particuliers; sur tous les chantiers règne la plus grande animation. L'énergie et le sens pratique qu'on déploie ici méritent la plus vive admiration (i). ^)

(i) Deutsches Kolonialblatt, i5 avril 1899, p. 274.

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