‹ L'Afrique nouvelle;Chapitre 22 sur 187 · LES NOTIFICATIONS · texte numérisé non relu

LES NOTIFICATIONS

possessions de l'Association internationale du Congo formeraient désormais l'Etat indépendant du Congo » et qu'il avait pris, d'accord avec l'Association, le titre de « Souverain de l'État indépendant du Congo ». En même temps, il leur faisait part du caractère personnel de l'union entre la Belgique et le jeune État fondé en Afrique.

Aux mêmes dates, le Souverain notifiait également aux puissances, dans leur teneur positive, les territoires, ressortissant à l'État, qu'il entendait i)lacer sous le régime de la neutralité perpétuelle. Soumise, avant sa notification, au prince de Bismarck à qui l'État devait cette marque de reconnaissante déférence, la déclaration de neutralité ne donna lieu à aucune réserve d'aucune sorte dans les réponses successivement faites par les puissances aux notifications officielles.

Tel a été Tavènement de l'Etat indépendant du Congo au sein de la société des nations.

8. — LE CARACTÈRE DES HOMMAGES RENDUS A l'état . l'influence de sa FONDATION SUR LE DÉA^ELOPPEMENT DES PRISES DE POSSES- SION EN AFRIQUE.

Nous pouvons porter maintenant notre attention sur le régime international adapté par la Conférence de Berlin, spécialement dans l'ordre économique, aux vastes territoires constituant le bassin conventionnel du Congo. Rai)pelons, pour terminer l'étude que nous venons de faire, quelques-uns des témoignages rendus à l'œuvre du Roi par les plénipotentiaires des puissances, dans la mémorable séance de la Conférence de Berlin en date du 28 février i885.

Ij' Allemagne s'est exprimée de la manière suivante par l'organe de M. Buscli :

« Tous, nous rendons justice au but élevé de Tœuvre à laquelle Sa Majesté le roi des Belges a attaché son nom ; tous nous connaissons les efforts et les sacrifices au moyen desquels II Ta conduite au point où elle est aujourd'hui; tous nous faisons des vœux pour que le succès le plus complet vienne couronner une entreprise qui peut seconder si utilement les vues qui ont dirigé la Conférence. »

Jj' Angleterre, nous avons déjà eu Toccasîon de le remémorer, s'est exi)rimée comme suit, par Torgane de Sir Edward Malet :

« Pendant de longues années, le Roi, dominé par une idée purement philanthropique, n'a rien épargné, ni efforts personnels, ni sacrifices pécuniaires, de ce qui pouvait contribuer à la réalisation de son but. Cependant le monde en général regardait ces efforts d'un œil presque indifférent. Par-ci, par-là Sa Majesté soulev^ait la sympathie, mais c'était en quelque sorte plutôt la sympathie de la condoléance que celle de Tencouragement. On croyait que l'entreprise était au-dessus de ses forces, qu'elle était trop grande pour réussir. On voit maintenant que le Roi avait raison et que l'idée qu'il poursuivait n'était pas une utopie. Il l'a menée à bonne fin, non sans difficultés ; mais ces difficultés mêmes ont rendu le succès d'autant plus éclatant. En rendant à Sa Majesté cet hommage de reconnaître tous les obstacles qu'Elle a surmontés, nous saluons l'Etat nouveau-né avec la plus grande cordialité et nous exprimons un sincère désir de le voir fleurir et croître sous son égide. »

La France, par Torgane de M. le baron de Courcel, après avoir constaté que « les voisins de rÉtat du Congo seront les premiers à profiter du développement de sa prospérité et de toutes les garanties d'ordre, de sécurité

et de bonne administration dont il entreprend de doter le centre de l'Afrique », a ajouté :

<c Le nouvel Etat doit sa naissance aux aspirations généreuses et à l'initiative éclairée d'un prince entouré du respect de l'Europe. Il a été voué dès son berceau à la pratique de toutes les libertés. Assuré du bon vouloir unanime des puissances qui se trouvent ici représentées, souliaitonslui de remplir les destinées qui lui sont promises sous la sage direction de son auguste fondateur, dont l'influence modératrice sera le plus précieux gage de son avenir. »

L7te//e, par l'organe du comte de Launay, s'est associée en ces termes aux sentiments exprimés par les puissances que nous venons de citer :

« Le monde entier ne peut que témoigner de sa sympathie et de ses encouragements pour cette œuvre civilisatrice et humanitaire qui honore le XIX® siècle, et dont les intérêts généraux de l'humanité profitent et profiteront toujours davantage. »

Tous les autres gouvernements, l' Autriche- Hongrie, la Russie, l'Espagne, le Portugal, la Suède et la Norwège, le Danemark, les États-Unis, par l'organe de leurs plénipotentiaires respectifs, ont tenu successivement à

Page 1