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L ETAT DU CONGO ET LA TRAITE

4. — LE PROBLÈME DE LA SUPPRESSION DE LA TRAITE APRÈS LA CONFÉRENCE DE BERLIN.

Pour que les résolutions des puissances obtinssent une valeur pratique, deux choses étaient manifestement nécessaires : d'abord le déveloi)penient des i)rises de possession sur la côte orientale et à Tintérieur de TAfrique, puis un ensemble de mesures d'application en rai)port avec ce développement.

Le remarquable partag-e politi(iue de TAfrique, qui suivit bientôt et s'oi)éra conformément à Tesprit d'entente et de paix cultivé par la Conférence, ne tarda i)as à fixer des cadres de nature à satisfaire à la première exigence.

La seconde était naturellement subordonnée au rayonnement effectif des installations gouvernementales.

L'État indépendant, dont le Souverain avait eu l'honneur d'associer définitivement à l'idée de la civilisation africaine l'idée de la suppression de la traite à son foyer d'origine, et qui était parvenu, en quelques années, à créer, au cœur même de l'Afrique,

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un vaste État en contact avec les principaux centres où opéraient les traitants, ne demeura pas inactif dans Tordre des desseins qui avaient inspiré la Conférence. Pour ne citer qu'un fait significatif, nous ferons observer qu'un seul numéro (novembre 1888) du Bulletin officiel de lÉtat indépendant du Congo comprenait trois décrets de haute importance dans Tordre des mesures pratiques à prendre contre la traite et en vue de la protection des indigènes.

Le premier est le décret concernant Tinterdiction du trafic des armes à feu, de la poudre et autres matières exi)losibles. Nous avons rapiJelé dans notre étude sur les Grandes Initiatives dans la lutte contre lesclavage ce mot suggestif d'un clief esclavagiste à qui Ton demandait comment il pénétrait dans le cœur de l'Afrique : Par la poudre !

Un second décret présentait une imi)ortance considérable au point de vue de la protection et de l'amélioration du sort des populations indigènes. C'est le décret sur le louage ou contrat de service entre noirs et non-indigènes. 11 accordait aux premiers une l)rotection spéciale toute d'humanité et

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