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Le guanonien est un aigle formidable ; je n'ai pu, malgré tous mes eflorts, en tirer un seul, ni à mon premier, ni à mon second voyage. Mais quelquefois, dans la forêt, j'ai tressailli au cri d’an-
goisse d'un monkevy saisi par ce léopard des airs, comme les nègres l'appellent, et Je voyais l’oiseau avec sa proie disparaître dans les nues.
Un jour que je chassais dans des fourrés épais, j'arrivai dans un endroit parsemé de crânes. C’étaient ceux d’une centaine de monkeys de différentes grandeurs. On se serait cru dans la vallée de Josaphat. Plusieurs de ces crânes avaient dû appartenir à de redoutables animaux. Et, en effet, les gros monkeys parviennent quelquefois à infliger à l'aigle de si terribles morsures qu'ils le forcent à lâcher prise. Je vis, dans ce lieu, tout au haut d’un arbre gigantesque, le nid du formidable oiseau; mais le petit avait disparu.
Au dire des indigènes, le guanonien revient pondre tous les ans dans le même nid. Quand on peut se procurer un spécimen adulte, on lui trouve une taille égale à celle du condor d'Amérique.
A côté des hommes sauvages erraient les singes, et d’abord l’espèce si variée des chimpanzés, que l’on distingue en nschiegos, nschiegos-nkengos, nschiegos-mbhouvés et kooloos-kambas, tous de la même famille et différant à peine, d’une variété à l’autre, par la conformation du squelette. Puis vient le plus fort de tous, le gorille, que l’on peut réellement appeler le roi des forêts. Tous ces grands singes rôdent dans la jungle immense, leur patrie naturelle, où ils trouvent les aliments qui leur conviennent : des noix, des baies, des fruits, plus ou moins abondants , suivant la saison. Ils en consomment une si grande quantité, qu'une fois telle ou telle partie de forêt épuisée, ils sont obligés d’émigrer de côté et d'autre, à la-re— cherche de leur nourrilure, pour revenir périodiquement au point de départ.
L'éléphant, devenu très-rare, recule de plus en plus chaque année dans les retraites inaccessibles de l’intérieur.
Les reptiles pullulent dans la forêt. Il y a des serpents de toute espèce, dont la plupart sont venimeux. Les uns rampent à terre, les autres se suspendent aux arbres, d’autres enfin vivent dans l’eau. Parmi les serpents de terre, un des plus redoutables est le clotho nasicornis. IV a diverses espèces d’échis et d’athéris; on les trouve en général sur les arbres ; ils sont petits et très-venimeux. Un serpent très-dangereux aussi est une variété de cobra (dendraspis anqustliceps). Quand il est surpris où attaqué, il se dresse tout droit
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