CHAINES DE MONTAGNES
pour se jeter sur vous. [l y a également un gros serpent d’eau, qui se tient dans les courants limpides des ruisseaux de l'intérieur, et que le docteur Gunther décrit sous le nom de siturophaga Gray. J'ai souvent vu ce serpent roulé sous l’eau, autour d’une branche d'arbre.
Nous faisions souvent des milles et des milles à travers la forêt sans entendre ni le chant d’un oiseau, ni le babil d’un monkey, ni le pas d'une gazelle, ni le bourdonnement d’un insecte, ni même la chute d’une feuille. Seulement, par intervalles, le doux murmure d'une source cachée rompait ce silence de mort et troublait seul la plus vaste solitude où l'être humain puisse être perdu; solitude qui souvent me glacait d'effroi, mais qui se prêtait merveilleusement à une étude attentive de la nature.
Je fus surpris du petit nombre d'oiseaux nouveaux que j'eus l'occasion d'examiner. Je n’en découvris pas dix espèces que je n’eusse déjà dans mes collections précédentes.
À une certaine distance de la côte commencent les montagnes. dont l'élévation augmente progressivement et qui composent diverses rangées ou chaînes courant parallèlement dans la direction du sudest au nord-ouest. Elles s'étendent à peu près dans le sens de la côte occidentale et semblent se porter vers la partie sud de l’Afrique.
Entre ces montagnes et la mer, le pays que j'ai été à même d’explorer est en général bas et marécageux. Plusieurs fleuves, sortant du flanc occidental de la première rangée de montagnes, coulent à travers ces terrains plats et se déversent dans la mer'. Par conséquent la plupart n'ont pas un bien long parcours et n’apportent pas à la mer une quantité d’eau très-considérable. Le plus important de tous, sous le rapport du commerce, est le Gabon, à cause du port creusé à son embouchure.
J'ai fait remarquer, dans l'Afrique Equatoriale , l'énorme masse d'eau qui se décharge dans la mer par les divers canaux du delta de l'Ogobai. Jai dit en outre que l'Ogobai se composait de deux
4. Voici les noms de ces cours d’eau : le Penito, le Muni, le Monda, le delta de l’'Ogobai, le Nazareth, le Mexias, le Fernand-Vaz et le Commi.
rivières , la Rembo-Okanda et la Rembo-Ngouyai. Je n'avais jamais vu la première, mais d'après ce que j'avais entendu dire, elle devait descendre du nord-est, tandis que l’autre venait du sud-est. Quant à la Ngouvyai, je l'avais vue et traversée, lors de mon voyage chez les Apingis. Mes explorations, cette fois-ci, m'ont conduit plus haut sur cette rivière , et J'ai reconnu l'exactitude de mes premières données. ;
Ces deux rivières sont les seules qui se frayent un passage à travers les chaînes de montagnes de la côte. Aussi ne faut-il pas s'étonner de l'incroyable quantité d’eau qu’elles portent à la mer, en raison des pluies diluviennes qui les alimentent dans l’intérieur, et malgré l'énorme évaporation dont elles subissent l’action continuelle.
I n'y à pas entre le Niger et le Congo un seul cours d’eau aussi abondant que lOgobai. La masse de pluie qui tombe dans ces régions équatoriales doit compter pour beaucoup dans le volume de ce fleuve, dont le bassin est plus vaste que celui de tous ceux qui débouchent depuis le Congo jusqu’au Niger.
Les premiers plateaux de l’intérieur descendent par une pente presque insensible vers l’est, et aboutissent à une vallée. Cette vallée est traversée du nord-ouest au sud par la Rembo-Okanda, qui s’accroit de tous les affluents qu’elle rencontre jusqu'à sa jonction avec la Rembo-Ngouyai. J'ai entendu dire que l’Okanda avait de nombreux rapides.
La Rembo-Ngouvyai vient du sud-est et se dirige vers le nord, progressivement grossie par de nombreux tributaires; elle se fait jour à travers la chaîne de montagnes, passe par une succession accidentée de chutes et de rapides, et vient se réunir à lOkanda; c'est alors que les deux rivières réunies deviennent le fleuve Ogobai.
En marchant à l’est, dans mon voyage actuel, j'ai vu le terrain s'élever de plus en plus jusqu'à Niembouai-Olomba. Plus loin, il descendait en pente douce à l’est, et de petits cours d’eau se dirigeaient dans le même sens pour aller se perdre dans quelque grand fleuve, dont les naturels me parlaient souvent, et qui pourrait bien être le Congo ou l’un de ses plus grands affluents. Je pense qu'on doit le trouver à peu près à 2 degrés plus loin à l’est, quelque part vers le 15° ou le 16° degré de longitude est.
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LA NGOUYAI.