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ABONDANCE DES PLUIES

La masse de pluie doit ÿ être bien plus forte que dans les pays qui avoisinent le rivage. J'ai signalé dans mon premier voyage, quand j'étais chez les cannibales (chapitre x1, page 176), l'état nuageux et pluvieux de l'atmosphère au mois d’août.

La plus forte pluie que j'aie observée avant que mon udomètre eût disparu était de 7 pouces et demi en vingt-quatre heures; et dans le voisinage du littoral, il n’en tomba, autant que je puis me le rappeler, que 200 pouces en toute une année.

Je me suis étendu si longuement sur les saisons, dans mon Afrique Équatoriale, que je n’ai pas besoin d'insister sur ce sujet.

A mesure que j'avançais dans l’intérieur, je voyais apparaître les signes d’une saison pluvieuse perpétuelle. Les livres de Burton, Speke et Grant ne me laissaient guère attendre autre chose. L’explorateur célèbre qui a découvert le lac Tanganyka dit, dans ses Régions des lacs de l'Afrique centrale; page 287 : « Il paraît que les pluies commencent beaucoup plus tôt dans le centre de l'Afrique que sur la côte orientale. »

J'ai fait, comme on l’a vu, la même observation dans l’ouest.

À la page 286 de son ouvrage, le même explorateur s'exprime ainsi : « Le mazika, ou la pluie, commence partout dans l'Unyamwezi oriental dès le 14 novembre. Dans le nord et dans les provinces occidentales, les vents de pluie soufflent encore plus tôt et durent plus longtemps. À Msene, la saison humide avance d’un mois sur l'Unyadyembé; dans l'Ujiji, de deux mois. Ainsi les derniers pays ont des saisons pluvieuses qui durent depuis le milieu de septembre jusqu'au milieu de mai. »

On voit, d’après ce passage, que la saison pluvieuse sur les côtes orientales du lac Tanganyka se rencontre à la même époque que sur la côte occidentale de l'Afrique équatoriale, quoique les deux pays soient séparés par vingt degrés environ de longitude.

Le regrettable Speke dit : — « Sous l'équateur, ou du moins un peu au nord de cette ligne, il pleut toute l’année plus ou moins. Dans la saison sèche, le vent est si froid que l’ardeur du soleil n’est pas incommode. »

Mes observations s'accordent avec celles de Burton en ce point : c'est que, placés aux deux bords opposés du continent africain, l’un

à l'est, l’autre à l’ouest, nous remarquions tous deux que les pluies venaient de l'intérieur.

Les observations de Speke concordent aussi avec les miennes quant à la saison qui règne sous l'équateur. Il faut donc en conclure que les pluies prennent naissance dans quelque endroit montagneux et boisé, situé vers le centre de l'Afrique, à égale distance à peu près des côtes orientales ou occidentales, où sans aucun doute il existe des lacs qui ne sont pas encore découverts.

Dans le compte rendu de la malheureuse expédition de Tuckey au Congo, nous lisons, page 200 et 201 :

« Septembre. — Les pluies commencent vers la fin de septembre et continuent jusqu'en mars.

« J'ai remarqué aujourd'hui, pour la première fois, la crue des eaux de la rivière.

« 4 Septembre. — La pluie tombe. »

La crue soudaine du Congo est due, sans aucun doute, aux pluies qui viennent du nord, c’est-à-dire du côté de l’équateur. Je dois rappeler au lecteur ce que j'ai écrit sur l’état nuageux et humide de l'atmosphère dans les montagnes de l’intérieur. Il y avait en juillet des averses qui devenaient de plus en plus fortes, et les indigènes m'apprirent qu'un mois plus tard les grosses pluies commencaient à tomber. Voilà le fait qui explique la crue subite du Congo.

Ce qui me frappait à Mayolo, c'était la vive perturbation de l’aiguille aimantée. Un tornado s’élevait-il à l'horizon, la déclinaison était sensible. Si la tempête s'élevait davantage, l'aiguille reprenait sa direction naturelle et oscillait quelquefois pendant trente secondes. J'ai fait cette observation à l’aide du compas prismatique, le seul instrument que j'eusse alors en ma possession.

La température des régions que j'ai explorées, bien qu’elles soient situées près de l'équateur, où même sous l'équateur, n’est pas si élevée que celle de quelques pays qui en sont plus éloignés; mais je dois dire d'avance que je ne suis pas à même de bien juger de cette température, attendu que ce n’est pas dans la saison la plus chaude que j'ai visité les terres de l'équateur. Je ne doute pas que la chaleur n’y soit souvent plus forte que je ne l’y ai ressentie, et qu'il ne fasse plus chaud à Mayolo que sur le littoral. On a remarqué depuis

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