PLUIE DE MÉTÉORITES
des étoiles de la ceinture d’Orion était pure et radieuse jusqu'à ce qu'elle eût atteint le zénith. D'autres brillaient à des hauteurs considérables. Dans certaines nuits leur éclat était plus vif que dans d’autres.
Pendant que j’observais les étoiles de la partie septentrionale des cieux, il me sembla que l’x du Centaure prenait une couleur rougeàtre. Cette étoile n’était certainement pas aussi blanche que le & de la même constellation. Souvent, à travers le léger brouillard si ordinaire sous ce climat, je la reconnaissais à sa clarté rouge, et c'était, je puis le dire, à l'œil nu que je faisais ces obser\ ations.
L'étoile la plus septentrionale du Vaisseau, distante de Canope d'environ 47° 43’, me paraissait tout à fait rouge.
Quant aux pluies de météorites du mois d'avril, je n’en ai vu que fort peu. Elles n'étaient pas à comparer, pour la quantité, à l’essaim que j'avais observé cette année-là à Zwickenham, en compagnie de l’astronome distingué, M. Hind; mais elles les surpassaient en éclat. Presque chaque nuit, à Mayolo, je voyais de brillants météorites qui. pour la plupart, semblaient provenir de la constellation du Lion.
Toutes les recherches que je fis sur les chutes d’aérolithes restèrent infructueuses. Les nègres n’en avaient jamais vu. Je crois pourtant que là, comme partout, il à dû tomber des pierres; mails elles seront restées enfouies dans leurs impénétrables forêts.
Mayolo est situé.sur la limite occidentale d’un plateau dont le terrain accidenté a près de vingt milles de large, entre la chaîne de montagnes dé l’Ashira et celle plus élevée de l’Ashango, en s’avançant vers l'intérieur. Ce plateau mesure une hauteur moyenne de A00 pieds audessus de la mer, et les chaînes de montagnes qui le bordent courent presque directement du nord-ouest au sud-est. Le sol de la plaine est en général argileux; cependant, en plusieurs endroits, il est couvert de quartiers de roche ferrugineuse. Il est arrosé par le Noouvai et ses affluents. Cette rivière, qui coule dans la direction du nordouest et qui s'ouvre un passage à travers les montagnes au nord de l'Ashira, va se confondre, une trentaine de milles plus bas, avec l’'Okanda, autre rivière qui paraît d’une plus grande importance, el toutes deux forment le grand fleuve Ogobai, qui poursuit sa course dans la direction du littoral jusqu'à l'Atlantique.
Les plaines à l’est de Mayolo sont habitées, comme on peut le voir, par les tribus des Otandos et des Aponos. Ces plaines se composent surtout de prairies onduleuses que coupent cà et là des bouquets d'arbres ou des massifs de bois de haute futaie ; la rivière est presque partout bordée d'arbres qui s'étendent à une centaine de mètres de la rive, mais de loin en loin la prairie se fait jour jusqu'au bord de leau. Les pelouses se prolongent au nord-ouest et au sudest, et de nombreux villages nègres se détachent de cette verdure. Les îlots de forêts ont quelquefois plusieurs milles de longueur. Les prairies sont couvertes de grandes herbes et d’arbrisseaux, sans taillis ni grands arbres. Le sol des forêts est d'ordinaire plus fertile que celui des prairies ; aussi est-ce en général à l'ombre des bois que les indigènes établissent leurs plantations. Autour des villages otandos qui avoisinent Mayolo, s'élèvent de belles allées de bananiers, dont le feuillage magnifique tranche sur le gazon dont elles sont environnées.
J'ai peu de chose à dire des Otandos. C’est une branche du peuple Ashira, qui parle le langage de cette tribu et qui a de grandes analogies avec elle. Ce sont les mêmes superstitions, les mêmes coutumes, les mêmes arts, les mêmes armes de guerre, et aussi les mêmes vêtements, quoique ce peuple ne paraisse pas aussi habile que l’autre dans l’industrie textile.
J'ai remarqué que ces nègres, en général, n'étaient pas d’une couleur très-foncée. |
Is font subir à leurs dents des modes très-variées. Les uns taillent en pointe deux incisives supérieures ainsi que les quatre inférieures ; d’autres effilent de même les quatre supérieures. Un petit nombre s’arrachent deux incisives d’en haut. Ils se tatouent la poitrine et l'estomac, mais non le visage. Cependant, chez les jeunes gens, on voit fort peu de dents limées; c’est une coutume qui s’en va.
Un jour, pendant une de mes promenades aux environs de Mavolo, deux de mes chiens livrèrent bataille à un gros monkey à museau blanc (cercopithecus), et me revinrent dans un piteux état, surtout mon chien Andeko qui, toujours le premier à l'attaque, était ordinairement plus maltraité que son compagnon. Dans cette rencontre avec le monkey à museau blanc, Andeko avait eu la cuisse