‹ L'Afrique sauvageChapitre 67 sur 196 · LUMIÈRE ZODIACALE · texte numérisé non relu

LUMIÈRE ZODIACALE

et le Centaure. Les cieux tout entiers paraissaient splendidement illuminés.

Si je regardais au nord, je voyais la superbe constellation de la Grande-Ourse, presque à la même hauteur au-dessus de l'horizon que celles de la Croix et du Centaure. Quelques-unes des étoiles de ces constellations passaient au méridien à peu d'intervalle les unes des autres : le y de la Grande-Ourse une demi-heure avant x de la Croix, et le Benetnasch onze minutes avant le $ du Centaure.

Dans quel lieu, à quelle époque aurait-on pu embrasser d’un seul regard une plus grande étendue de ciel? Depuis l’« de la Grande- Ourse jusqu'à l’« de la Croix, le firmament décrivait un arc de 195 degrés; et pour ajouter encore à ce spectacle grandiose, la lumière zodiacale s’éleva sur lhorizon après le coucher du soleil : lumière d’un jaune vif, dont l'éclat toujours croissant, montant en forme de pyramide, éclipsait quelquefois la blancheur de la voie lactée et le rayonnement des étoiles, pour décroître ensuite graduellement vers son sommet. Elle répandait une douce clarté sur les nuages environnants, et formait quelquefois un anneau incomplet, brisé au méridien. Par moments cette lumière se réfléchissait du côté du levant avec auant de vivacité au moins qu'au couchant, de facon à me faire rêver un second lever du soleil.

J'avais déjà remarqué cette clarté jaune à Olenda, au mois de mars précédent ; mais c’est seulement à Mayolo que j'ai commencé à noter mes observations. Avril et mai étaient les mois où cette lumière brillait de son plus vif éclat. Souvent elle devenait visible une heure après que le soleil avait disparu, et redoublait d'intensité, comme un second coucher du soleil, en se colorant à sa base d’une teinte orangée. Ainsi que je l’ai dit, elle s'élevait en forme de pyramide, s'étendant, si je m'en souviens bien, jusqu'au 10° degré, et s’affaiblissant peu à peu vers le sommet. La beauté et la durée de ce phénomène variaient d’un jour à l’autre, suivant la largeur et la hauteur de la pyramide. D'autant plus visible que le ciel était plus clair, elle laissait derrière elle, à l’est, une traînée de lumière blanche. C'était d’ordinaire de sept heures un quart à sept heures et demie qu'elle apparaissait dans toute sa splendeur. Il y avait pourtant des exceptions à cette règle : quelquefois le phénomène se manifestait plus tard;

quelquefois aussi il s’évanouissait un moment pour reparaitre ensuite avec plus de magnificence. Mais en général les phases de la crois-

sance et de la décroissance lumineuses suivaient un ordre régulier.

A peine en pouvait-on discerner quelques traces après dix heures.

Par malheur j'ai perdu le livre qui contenait ma série d’observations sur cette lumière. Il ne m'en reste que quelques notes éparses cà et là dans mon journal, et que je prends soin de transcrire ici.

15 Avril. — Le temps avait été couvert. Il était tombé un peu de pluie. Cette nuit, depuis le coucher du soleil, le ciel présente un spectacle magnifique. La lumière venant de l’ouest était si brillante qu’elle effacait la clarté de la voie lactée. Je ne pouvais distinguer celle-ci au-dessus de l'épée d'Orion. La lumière zodiacale brillait du plus vif éclat au-dessous de la planète Mars, et la base de la pyramide s’étendait vers le sud, jusqu'à la partie de la voie lactée qui est au bas de la Croix. Au nord de l'horizon, elle embrassait un espace non moins orand.

15 Avril. — Le temps a été couvert jusqu’après miai, et cette nuit le ciel n’est voilé que par une brume légère. La lumière venant de l’ouest est éclatante et toute blanche. A sept heures elle est encore d'une grande intensité, quoiqu'elle ait un peu diminué. Je ne me rappelle pas l'avoir jamais vue si vive.

5 Mai. — Hier, la brillante lumière jaune qui est apparue après le coucher du soleil était magnifique. On la voyait au-dessus du trapèze de l'Orion, malgré un clair de lune très-vif, la lune étant alors dans son plein. Je n'ai jamais vu la lumière zodiacale si brillante. Si elle ne se fût montrée à l’ouest, on aurait pu croire au lever de l'aurore.

Après le coucher du soleil, j'ai observé un phénomène qui m'a beaucoup surpris. La lumière zodiacale avait sa réflexion dans l’est.

Je ferai maintenant quelques observations sur le scintillement des étoiles. Quelques personnes ont supposé que, dans nos latitudes du nord, les étoiles sont plus brillantes que sous les tropiques. Jai passé l'été dernier à Zwickenham, à l'observatoire de M. Bishop; j'y ai examiné la lumière stellaire, et je doute fort de la justesse de cette conjecture. Malheureusement j'ai aussi perdu les notes que j'avais prises sur ce sujet. Je me rappelle pourtant très-bien qu'une

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