ACTE TUOISIEME
ANDKÉE
Depuis im mois que vous péchez ensemble, vous auriez pu vous présenter l'un à l'autre.
BELLENCONTRE
Ma foi, nous n'y avions jamais songé.
ANDHÉE
Je trouve qu'il a quelque chose de Napoléon I".
BELLENCONTRE
Napoléon T""!... Il ressemble à Louis-Philippe. Il s'appelle : Isidore Fourney.
GENEVIÈVE
Il me semble que je connais ce nom-là.
Non, vous no le connaissez pas.
GENEVIÈVE
Qu'o'^l-co qu'il fait !
HElJ.tNCOMRE
11 me l'a dit subilement en jetant sa ligne : « Monsieur Bellencontre, je suis un ancien domestique, et vous? » — Je fus tellement stupéfait que je lui répondis : « Je suis un ancien maître, Monsieur Fourney. » — Il me regarda un instant, avec compassion, et, le soir en le quittant, je m'aperçus qu'il me serrait la main un peu plus alfectueusement que de coutume.
104 LA(.E DAIMEK
GENEVIÈVE
Voulez-vous aller vous habiller, voyons !
BELLENCONTRE J'y vais. (A Andrée.) Quoi?
ANDRÉE, ironique.
Faut-il faire cuire votre friture pour le dîner '
BELLENCONTRE
Tu as trouvé cela toute seule, toi .'
ANDKÉE
Oui.
En attendant, viens m'aider.
(Ils sortent.; (A partir de ce moment, la nuit vient lentement. Au loin, le soleil se couche. Çà et là, quelques étoiles brillent. — Geneviève va pour s'éloigner, lorsque Tavernay entre.)