ACTE TROISIEME
GENEVIÈVE
Oui.
TAVERNAY
Alors, je vais pouvoir vous parler.
GENEVIÈVE
(^we se passe-t-il?
TAVERAY
Ah! Geneviève... ma chère Geneviève!.,.
GENEVIÈVE
Vous avez l'air tout ému. mon ami.
TAVERNAY
Oui, votre ami, votre vieil ami. Moi qui depuis vingt ans suis votre conlident, l'associé de vos joies, de vos chagrins et de vos larmes... me pardonnerez-vous jamais tout le mal que je vais vous faire?
GENEVIÈVE
Que me dites-vous là?
TAVERNAY
Oui, c'est inouï, n'est-ce pas? Vous faire pleurer, moi! Mais autrefois vous m'avez reproché mon silence dans une circonstance semhlable; I aujourd'hui, j'ai lutté tanl que j'ai pu! Jusqu'à la la dernière minute, j'espérais encore et malgré tout, que cehi ne serait pas, que cela ne pouvait pîis Aire!... Kt je n'osais vous pnrier, tant je crai-
gnais de vous alarmer à tort. Mais hélas! je n'ai plus le droit de douter, je suis sûr, je n'ai plus lo force de cacher ma douleur, car j'ai vu... Je viens de voir des baisers échangés. Geneviève, je ne viens pas vous dire : partagez mes souffrances... je viens vous dire : sauvez-vous, sauvez-moi!... peut-être en est-il lemps encore!... Colette me trahit et Maurice...
GENEVIÈVE, très simplement.
Je le savais, mon ami.
Voyons, Geneviève, m'avez- vous bien conjpris?
GENEVIÈVE
Oui, Tavernay, je vous ai bien compris : Maurice me trompe et Colette vous trahit.
TAVERNAY
Voyons, voyons, je ne rêve pas, je ne suis pas fou! C'est bien Geneviève qui m'écoute, qui m'entend et qui me répond : « Je le savais. »
r.ENEVIÈVE
Oui.
TAVEKNAY
Et VOUS avez eu le courage de vous taire?
f;F.NF.VlÈVE
Oui.