ACTE PREMIER
Si j'en aperçois une, si par hasard elle m'a laissé un bon souvenir, je me dis : Tiens, voilà la petite Saint-Honoré ou la grande Malakoff... Ça m'apprend à connaître les rues et à oublier les femmes.
MAURICE
Vous avez un heureux caractère.
LONGKCOURT
Non... Mais de cette façon je n'ai pas le temps de les faire pleurer, elles n'ont pas le temps de me faire souffrir... et je m'en suis toujours bien trouvé... Quel âge avez-vous?
J'aurai trente ans bientôt.
LONGECOURT
Oui, mais moi j'en ai trente-cinq et en cinq ans!... Enfin, vous êtes très épris de Geneviève, voilà ce qu'il y a de plus clair.
MAURICE
Elle me plaît infiniment.
LONGECOURT
Je comprends cela. Elle est jolie, intelligente, et, ce qui ne gâte rien, elle esl la bonté personnifiée.
MAUHICE
Vous la connaissez depuis longtemps?
I, At.K DAIMKU LONGECOLin
Do puis quatre ou cinq ans environ.
MAIRICE
l-lst-ce quollt' n"a pas vécu longlonip> .i\tr nu nommé de Chareuil?
LONGECOLKT
De Cha/euil, vous voulez dire?
v\rn\rF.
r/est cela.
Ce fut même lui qui l'eut sage. Elle devait ilors avoir vingt ans, lui devait en avoir le double à peu près.
MAURICE
Est-ce quelle n'clait pas encore danssa l'amillc?
LONGECOURT
Si.
MAURICE
De braves gens, paraît-il.
LONGECOURT
De bonnes fripouilles, au contraire; sans cela, 1»' vous jure bien que Geneviève n'aurait pas mal lonrné. Son père, sous prétexte qu'il était repré- >entant en vins, se saoulait du matin au soir en Ituvant ses écbantillons, et sa mère l'imitait pour no pa'i. di^ait-ollo. MS'sistor à un spectacl*' aii<«i