ACTE PREMIER
MAURICE
Pas davantage.
GENEVIÈVE
Alors, que vais-je vous offrir?
MAURICE
Rien du tout.
GENEVIÈVE
C'est fait.
MAURICE
Voyez comme c'est agréable. JNous allons pouvoir causer librement, sans contrainte, sans sousentendus... cela va être charmant!... Je retire mon pardessus.
GENEVIÈVE
C'est cela.
MAURICE
Ah! que je suis heureux de m'ôtre expliqué avec vous.
GENEVIÈVE
Et moi donc! car, je puis vous l'avouer en toute franchise maintenant,... j'ai bien cru que vous alliez me demander... un peu plus que mon amitié.
MAURICE
Qu'est-ce que je disais!
GENEVIÈVE
Mettez-vous à ma place, mon ami. Depuis
84 L'AGE DAIMER
bientôt deux mois, je vous vois presque tous les jours.
MAURICE
Le hasard.
(iENEVlKVi:
Je >;ti> hirii... mais enfin, il U) a |>ii> «juiiii théâtre, à Paris, il n'y a pas qu'une allée dans le bois, et je ne pouvais faire un pas sans vous reneontrcr. Est-ce vrai?
MAURICE
C'e>( viNii.
(.KNEViftVE
Et ces fleurs? Est-ce raisonnable denvoyer à une amie des fleurs pareilles ! Avant-hier c'étaient des lilas! hier, des œillets, aujourd'hui, cette superbe corbeille ! Or, il est bien rare qu'un homme envoie à une femme une telle (juantilé de Heurs... sans avoir — je le supposais du moins — une j)etite... une toute petite idée de derrière la tôte.
C'est certain, cependant je pourrais vous répondre que si mon intention était de devenir l'amant de toutes les femmes auxquelles j'envoie des (leurs, ce serait pour moi ui;i métier déplorable.
(iENEVlÉVE
Fatigant, surtout.