ACTE PHEMIER
MAURICE
Qu'est-ce que je ferais le premier janvier.
GENEVIÈVE
Ce serait terrible !
MAURICE
Non, franchement, je n'y ai jamais songé.
GENEVIÈVE
Et vous avez eu raison. Une aventure nouvelle? Que Dieu m'en préserve! je n'en ai qu'une dans ma vie, et j'en garde un triste souvenir.
MAURICK
Si triste?
GENEVIÈVE
Ahl mon ami, durant des mois, je peux dire •lue j'ai pleuré jour et nuit, durant des mois, j'ai subi toutes les tortures, toutes les humiliations! j'ai souffert à ce point que je ne me souviens même plus si j'ai eu une minute de joie!
Vraiment?
GENEVIÈVE
Rien que d'y penser, il me semble que toutes mes blessures vonl se rouvrir.
MALHlCi;
Pourquoi regarder en arrière? ''
GENEVIÈVE
Les douleurs passées doivent servir do leçon pour Tavenir.
MAURICE
4e croyais la plaie bien guérie.
GENEVIÈVE
La cicatrice me la rappelle. Et puis enlin, je renai-^! je sens que je suis redevonue un être en chair et en os! Je suis libre! Libre d'aller, de venir, de penser! Ah! pouvoir penser, ne plus avoir d'idée fixe, d'inquiétudes! Ne plus avoir sur les lèvres des questions éternelles, les mômes : Où est-il? (Juefail-il? et m'aime-t-il encore? Ah ! c'est fini, c'est fini !..
MAURICE
Qui sait!
Cci^t fini! car — je ne dis pas cela pour vous — vous êtes bien tous les mêmes, vous autres hommes! un jour, l'amour le plus dévoué, le lendemain la lassitude, TindifTérence et quelquefois, la haine...
MAURICE
Oh!
GENEVIÈVE
Ah ! les promesses, les serments, mon ami, on m'en a fait autant qu'il y avait ce soir d'étoiles