ACTE DEUXIEME
me sembla pendant une seconde que c'était la douleur elle-même qui me regardait dans les yeux.
MAURICE
Pauvre chérie !
LONGECOURT
Aussi, un conseil, conseil d'un vieux camarade qui vous aime bien, trompez-la... adroitement.
MAURICE
La tromper, moi? Vous voulez rire?
LONGECOURT
Du tout, je n'ai jamais été aussi sérieux. Si vous étiez un indifférent, je me garderais bien de me mêler de vos affaires, mais j'ai une grande amitié pour vous, et j'ai une grande amitié pour elle. Aussi, je vous le répète : soyez prudent.
MAURICi:
.)(; I adoïc, voyctus, je la ([uitle à peine deux heures par jour!
LONGECOURT
C'est entendu, vous l'adorez, j'en suis i)ersuadé. Vous êtes, elle me l'a dit elle-même, on ne peut plus gentil, on ne peut plus prévenant... Mîilgré celii, vous n'êtes pas lait autrement qut^ les autres, et lorsque vous êtes infidèle... ou lorsque vous le serez, vous vous direz, pour vous excuser : le cdMir n'étant pas en j«Mi, en ne
compte pas. Eh! bien, gare... car pour certaines femmes cela compte.
MAURICE
Mais, ma parole, vous me parlez comme si j'avais déjà quelque chose à me reprocher.
LONGECOURT
Je n'ai pas dit cela.
MAURICE
Vous avez Tair de le dire tout au moins.
LONGECOURT
Mais non. Je vous préviens simplement. Vous êtes jeune, par conséquent léger et...
Et?
MAURICE
Rien
, voilà.
LONGECOURT MAUKICE
Oui.
(Un temps.)
Longccourt?
LONGECOURT
Mon ami?
MAURICE
On vous a dit quelque chose.
LONGECOURT
Du tout.
MAURICE
Aucun potin?