‹ L'âge d'aimer, comédie en quatre actesChapitre 63 sur 143 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

me sembla pendant une seconde que c'était la douleur elle-même qui me regardait dans les yeux.

MAURICE

Pauvre chérie !

LONGECOURT

Aussi, un conseil, conseil d'un vieux camarade qui vous aime bien, trompez-la... adroitement.

MAURICE

La tromper, moi? Vous voulez rire?

LONGECOURT

Du tout, je n'ai jamais été aussi sérieux. Si vous étiez un indifférent, je me garderais bien de me mêler de vos affaires, mais j'ai une grande amitié pour vous, et j'ai une grande amitié pour elle. Aussi, je vous le répète : soyez prudent.

MAURICi:

.)(; I adoïc, voyctus, je la ([uitle à peine deux heures par jour!

LONGECOURT

C'est entendu, vous l'adorez, j'en suis i)ersuadé. Vous êtes, elle me l'a dit elle-même, on ne peut plus gentil, on ne peut plus prévenant... Mîilgré celii, vous n'êtes pas lait autrement qut^ les autres, et lorsque vous êtes infidèle... ou lorsque vous le serez, vous vous direz, pour vous excuser : le cdMir n'étant pas en j«Mi, en ne

compte pas. Eh! bien, gare... car pour certaines femmes cela compte.

MAURICE

Mais, ma parole, vous me parlez comme si j'avais déjà quelque chose à me reprocher.

LONGECOURT

Je n'ai pas dit cela.

MAURICE

Vous avez Tair de le dire tout au moins.

LONGECOURT

Mais non. Je vous préviens simplement. Vous êtes jeune, par conséquent léger et...

Et?

MAURICE

Rien

, voilà.

LONGECOURT MAUKICE

Oui.

(Un temps.)

Longccourt?

LONGECOURT

Mon ami?

MAURICE

On vous a dit quelque chose.

LONGECOURT

Du tout.

MAURICE

Aucun potin?

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