ACTE DEUXIEME
MAURICE
11 me semble cependant...
JEANNE
Il VOUS semble mal, car j'ai très bonne mémoire. Vous m'avez dit mot à mot ceci : « Je suis marié... donc je suis libre » ; or, aujourd'hui vous
n'êtes plus libre et vous n'êtes pas marié donc
vous m'avez menti.
MAURICE
Ecoutez, ma chère petite, ce jour-là, j'étais peutêtre préoccupé...
JEANNE, s'énervant.
Oh ! C'est trop tort !
MAURICE
Voyons, voyons, ne nous emportons pas.
JEANNE
Je ne m'emporte, mais je dis : c'est trop fort.
MAURICE
Eh! bien, dites : C'est trop fort... mais écoutezmoi.
JEANNE
Si c'est parce que je ne suis qu'un mannequin.
MAURICE
Mais le mannequin n'a rien à voir là-dedans, ma petite amie.
«20 I/AGE D'AIMEll
JEANNE
Je VOUS demande pardon, c'est moi.
Je le sais que c'est vous. Nous n'en sortirons jamais, mon enfant, puisque vous ne voulez pas m'écouter.
JEANNE, en «'asseyant.
Eh bien, je vous écoute, là !
MAURICE
Qu'est-ce que vous voulez?
JEANNE
Comment, ce que je veux?
MAURICE
Oui, qu'est-ce que vous voulez? La question est nette, précise... qu'est-ce que vous voulez?
JEANNE
Mais je ne veux rien.
MAURICE
A la bonne heure. Je vois que nous allons finir par nous entendre. Cependant, comme je tiens essentiellement à ce que vous ne vous en alliez pas d'ici avec un mauvais souvenir, je vous prie de réfléchir encore.
JEANNE
A quoi?
AGTEv DEUXIEME 121
MAURICE
Si je puis faire quelque chose pour vous être agréable, soyez persuadée que je n'hésiterai pas une seconde. Le temps d'envoyer mon domestique à la poste, de donner de mon côté un coup de téléphone, et je suis à vous. Pendant ces quelques minutes, mon ami sera assez aimable pour vous tenir compagnie. Ça va?
JEANNE
Mais...
MAURICE
Je vous supplie de ne pas me répondre encore. Pensez à ce que je viens de vous dire et à tout de suite. (Bas à Longecourt.) Débarrasscz m'en.
LONGECOUKT, bas.
Elle est gentille.
MAURICE
Oui, mais l'heure avance, et j'ai rendez-vous à cinq heures.
LONGECOUKT
J'en fais mon affaire.
MAURICE, à Jeanne.
Je reviens.
JEANNE
Oui! Oui!