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LE CHÊNE VERT

Tes immenses rameaux, glorieux chêne vert, Dont la couleur est aussi sombre que brillante, S'élèvent, dans Tété, sur la vigne brûlante, Mais deviennent plus beaux dans les froids de Thiver.

Avec une ascension quotidienne et lente

Ton dôme se déploie et s'élargit dans Tair,

Et, tous les ans, Tombre à tes pieds devient plus grande.

Et tous mes visiteurs te louent, ô chêne vert !

Tous les jours, en sortant sur mon seuil, à Taurore, Je vois tes noirs rameaux que la lumière dore S*élancer dans Tazur humide du matin.

Puisses-tu, dans la vie obscure et le silence, Gomme Tarbre, ô mon cœur, à Tabri du destin.

Monter toujours vers plus de paix et de science.

NOUS VERRONS

NOUS VERRONS

Nous verrons l'eau tomber des noirs magnolias

Et briller sur les fleurs lourdes des dahlias .

O vin, beauté du pain, ô sainte nourriture,

Notre recueillement, au sein de la nature,

Fera de ce repas une communion.

Le grand pin brillera d'un suprême rayon.

Le jardinier, dardant le jet d'eau dans les ombres.

Arrosera longtemps les massifs déjà sombres.

Ma Mère, avec son éternel vêtement noir.

Mangera silencieusement dans le soir.

Les orangers seront en fleurs dans les grands vases.

L'enfant regardera la naissance des astres.

Ton sourire divin fera briller tes dents,

Et tes yeux seront pleins des gestes de l'enfant.

Le léger vent du soir fera trembler la lampe

Que, les mains pleines d'or, portera la servante.

Nous aimerons la solitude de la nuit.

Le mystère du parc sera sans autre bruit Que celui de l'autan se levant dans les cèdres. Parfois, je presserai ma bouche sur tes lèvres. Dans la plaine mourra le bruit grave des trains. Une étoile luira sur les coteaux lointains.

Ma Mère fermera les volets des croisées. • L'eau tombera des jeunes branches arrosées.

Un grelot sonnera sur la route ; les fleurs Répandront, près du banc, leurs nocturnes odeurs.

N0U3 VERRONS 229

Notre enfant dormira dans tes bras. Ton visage.

Avec ses traits émus luira sous le feuillage

Des cèdres déployant leurs grands rameaux obscurs

Sur la nuit pacifique et le profond azur

Illuminés par la douceur des voies lactées.

Dans l'ombre brillera la demeure enchantée

Où nous vivrons depuis les roses du printemps

Jusqu'aux roses qu'on cueille aux derniers jours de l'an ;

Et ma main dans ta main, lorsque les heures passent,

Mes regards cherchant dans tes yeux des reflets d'astres,

Au milieu des beaux lys, dans la nuit de juillet

Lumineuse sur l'infini des champs de blé,

Malgré l'obscur destin, malgré la mort qui veille.

Nous songerons pourtant que l'existence est belle,

Et la lune, glissant du toit de la maison,

Sur nos têtes fera briller de ses rayons

Le grand cèdre rêvant dans la nuit parfumée

Qui nous abritera tous deux, ô bien-aimée.

LE VERGER

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