LE LAURIER
Quand je pousse, le soir, les volets, je te vois Elevant, au couchant, tes beaux feuillagpes sombres Et gardant des rayons sur le jardin plein d ombre; Laurier! qu'ils étaient beaux les étés d'autrefois!
Alors, mon cerceau d*or courait auprès des roses, Les abeilles volaient sur la blanche paroi.
Mon père qui, là-bas, dans la tombe repose Souriait doucement, ô ma Mère, à ta voix.
Dans ton bois, il taillait, une fois chaque année,
Une canne d'une devise obscure ornée
Que je portais toujours et qui me rendait fier.
Quand viendront, cet été, mes amis, les poètes Qui feront retentir la maison de leurs vers.
Tes feuilles, ô Laurier, couronneront leur tête.
LES ARBRKS 223