RECUEILLEMENT
Champs paisibles, troupeaux rentrant sur le chemin,
Temps brumeux, premiers feux d'automne, heure charmante,
Odeur amère de la vigne rougissante,
Ce soir, je sens qu'un peu de moi-même s'éteint !
Le soleil vient mourir dans les profondes glaces ; Les roses lentement s'effeuillent. G miroir, Champ fluide et lointain, étang brillant et noir Où de beaux souvenirs pâlissent et s'effacent !
Le soir naît. douceur de rester seul à seul.
Maintenant que je sens que cette tâche est faite Et de se recueillir dans l'ombre où se reflète Encore le couchant qui brille sur le seuil.
26a l'aob d'or
Sans doute, d'autres vers naîtront, d'autres poèmes. Mon esprit laisse-moi, ce soir, me souvenir, Et, dans cette heure grave, où ce chant va finir. Songeant à mon passé, me pencher sur moi-môme.
Notre esprit gardera le souvenir sans fin De ce beau temps lointain et de ces douces heures Qui tintaient dans le cadran d'or de nos demeures, Tandis que le soleil éclairait le jardin.
Beaux visages, instants fugitifs, pure joie !
vie, accorde moi la force et le bonheur
De chanter jusqu'au bout, comme ce vieux pasteur
Ramenant son troupeau dans le soir qui poudroie.
Saint-SimoD, Mars iSgg-Octobre 1901.