LA COLLINE
Un soir, lorsque mes fils m'auront fermé les yeux,
C'est sur cette colline aux plis harmonieux
Que je veux, ô mon corps mortel, que tu reposes.
Au pied des cyprès noirs, sous les buissons de roses.
Là, réternel sommeil ne peut pas être amer,
Car c'est toujours le bruit des abeilles sauvages
Et Tautan tiède et doux qui gonfle les feuillages
Y fait un chant pareil à celui de la mer.
Je veux que Ton me couche nu dans cette terre
Où je serai monté si souvent solitaire.
Dans les rayons du soir, pour contempler mon champ
Et rhorizon noyé par le soleil couchant.
Et peut-être qu'un jour d'un autre âge un poète,
A l'heure où la couleur du soleil se reflète
200 l'âge D*0R
Dans le fleuve sang-lant au milieu des vapeurs,
Viendra, comme je fais, esprit contemplateur,
S*asseoir aussi, pour regarder Timmense plaine,
Tandis que je serai dans la paix souterraine.
Sa bien-aimée enivrera son jeune cœur.
Il dira que la vie est comme un court bonheur
Et comme un beau chemin tout parfumé d'odeur.
Ce sera dans le temps où passent les palombes ;
Elles roucouleront au-dessus de ma tombe.
Octobre froid et clair mettra des diamants.
Au soleil du matin, sur les cyprès fumants.
Il ne restera plus de raisins sur les treilles.
Plus haut, des laboureurs-, dans les terres vermeilles,
En entr 'ouvrant, d'un bras puissant, les longes sillons,
Feront fumer au jour la bonne terre grasse
Et, plus tard, un semeur lancera dans l'espace,
Un soir, ses grains dorés par les derniers rayons.