‹ L'age d'orChapitre 9 sur 48 · L'AUBE · texte numérisé non relu

L'AUBE

Les grands magnolias ruissellent de rosée, C'est le matin ; sur les pelouses pleines d'eau, J'entends passer le vol rapide de la faux.

Sous les roses de la croisée.

C'est le cri du merle et le chant du rossignol. Les tas de foin fument aux jeunes lumières, Une vapeur légère enveloppe les cèdres

Dont les rameaux couvrent le sol.

66 l'âge d'ob

Les eaux froides du puits coulent dans la rig-oJe, Elles vont arroser la terre du jardin.

Les fruits encore verts pendent dans le matin, Aux lueurs rêveuses de Taube.

Là-bas, de la campagne, arrivent les odeurs De la terre mouillée que le journalier bôche, Du foin, que les râteaux dispersent pour qu'il sèche. Et de la vig-ne encore en fleurs.

Le vieux jardinier aiguise en chantant la lame De la faux et la pierre, en passant sur l'acier. Fait un bruit irritant. L'outil dans le soleil Est comme une superbe flamme.

LA PLAINB ET l'ÉtÉ 67

Page 1