‹ L'age d'orChapitre 10 sur 48 · LE VIEUX JARDIN · texte numérisé non relu

LE VIEUX JARDIN

Sur l'ancienne maison aux larg-es pigeonniers, Les volets sont fermés et la rumeur des ruches Sous les auvents de bois charme la solitude Du seuil de pierre où monte un g'roupe de cyprès.

On voit dans le verg-er de jaunes g-renadiers, Dont les fruits entr'ouverts penchent sur les allées, Des aloès et des murailles écroulées Et des vases vernis et de noirs orang-ers.

Ce jardin autrefois orné de g-rands viviers,

De marbres s'élançant au-dessus des rosiers

Est maintenant couvert par les menthes sauvag-es.

Un vieux fig'uier s'élève auprès d'un ancien puits Et, parfois, la fermière écartant le feuillage, Un panier à la main, en recueille les fruits.

SOIRS DE JUIN

SOIRS DE JUIN

Les foins coupés embaument l'air crépusculaire ; Les ombres lentement s'allongent sur les prés Où, près des aulnes noirs, les gaves sont dorés Par les éclats mourants d'une calme lumière.

La nuit ne peut venir aux derniers soirs de juin. Des chars chargés de foin s'avancent sous les chênes, Les femmes vont avec des cruches aux fontaines Et y dans l'air de cristal, leurs voix sonnent au loin.

Sous l'azur parfumé par les odeurs des treilles, Le rêve intérieur de mon âme est mêlé Au mouvement sombre et sans fin des champs de blé, Et, dans l'air obscurci, murmurent les abeilles.

Les vergers sont perdus dans un calme éternel, Mais, au-dessus de Tombre, un sommet dresse encore Ses pics mystérieux dont le marbre se dore D*un rayon de soleil dans les hauteurs du ciel.

SOIRS DE JUIN

La plaine et ses grands champs faits de vig-nes heureuses

Que barrent, vers le sud, les horizons neig-eux

Sont encore baignés de vapeurs lumineuses.

Une flamme s'attarde aux flancs des coteaux bleus.

Les toits sont éclairés de reflets blonds et roses; On ouvre les volets de bois de la maison, Dont les murs sont ornés par des buissons de roses ; Les chambres recevront Tair frais de l'horizon.

74 l'âge d'oi\

Je vois passer, dans le couchant, vos chers visages. Sur larbre mag'nifique, aux noirs rameaux brillants, Parfumant l'air du soir humide d'arrosag^e, S'ouvrent des fleurs sans tache aux beaux calices blancs.

Au bas du ciel s'attarde une lueur lég^ère.

Et la lune brillant au-dessus des massifs, Baig'ne déjà le jardin bleu de sa lumière Qui nous enivre l'âme et nous laisse pensifs.

soins DE jvis 75

Le soir tombe ; restons auprès de la rivière

Aux bois de peupliers humides et profonds

Dont les sommets tremblants montent dans la lumière

Quand les ombres du soir bleuissent les g'azons.

D'ici Ton voit la plaine où les moissons rayonnent Au loin, jusqu'aux sommets de neiges éclatants ; Les faux d'azur et d'or couchent les blés brûlants Qui sont plus clairs sous les rameaux qui nous couronnent .

Une saulaie, auprès de nous, brille. Un troupeau De vaches, aux flancs roux, indolentes et belles, Au fond du chemin creux, sombre et vibrant d'abeilles, Descend ; son beug-lement se prolonge sur Teau.

Déjà leur corps est enfoncé dans Teau courante Qui se brise et chatoie et murmure à leurs flancs ; La rivière s'endort dans Tombre transparente. Des nuages de feu restent aux cieux brûlants.

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