CHAPITRE II
Nous savons que l'année civile égyptienne était de 365 jours uniquement, sans aucune intercalation. C'est pourquoi, ainsi que s'exprime Censorinus (1), l'espace de quatre ans, en Egypte, avait un jour de moins que l'espace de quatre années naturelles. En d'autres termes, les Égyptiens ne connaissaient pas le bissexte. Or, comme la période sothiaque débutait ou était censée débuter au point oii le lever héliaque de Sirius, le Sothis égyptien, paraissait concorder avec le premier jour de l'année civile, sous un même parallèle, la concordance de ce lever avec le premier de l'an ne se représentait approximativement qu'au terme de 1,460 ans naturels ou 1,461 ans du calendrier civil, soit
(1) De die natali.
quatre fois 365. C'est, du moins, ce que l'on croit généralement : nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette opinion. Le premier de l'an faisait de la sorte, dans le cours de la période, le tour de l'année civile, et chaquejour de cette année était successivement sanctifié par la fête fixe de chacun des dieux. C'est une remarque de Geminus, astronome grec du premier siècle avant notre ère (1) : « Les Égyptiens, dit cet auteur, ne veulent pas que leurs sacrifices tombent dans la même saison de l'annéC;, mais qu'ils en parcourent tous les temps, de sorte que la même fête qui a été célébrée en été devienne celle de l'hiver, de l'automne ou du printemps. » Ératosthènes avait déjà laissé entendre que, de son temps, environ 200 ans avant Auguste, la fête d'Isis tombait à l'équinoxe d'automne, tandis que plus anciennement elle tombait à l'équinoxe de printemps, quoiqu'elle n'eût jamais varié dans le calendrier. Nous savons, d'ailleurs, par le scoliaste des Prolegomena d'Aratus, dans la traduction de Germanicus
(1) Geminus, Inlroduclion aux Phénomènes, ch. vi, Des mois.