VIII PREFACE
pour me servir d'une expression de Plutarque : ce fait ressortira clairement aux yeux de quiconque lira ce travail sans parti pris.
On m'a reproché de n'avoir vu partout, dans l'œuvre dite de la création telle que se l'étaient imaginée les premiers auteurs de cosmogonies religieuses, que des actes générateurs. Peu s'en est fallu que quelques-uns ne m'appliquassent les vers de Faydit sur Malebranche. Et pourtant dois-je confesser que je n'ai pas bien vu ? Sans être plus épris qu'il ne le faut de mes idées, je ne crois pas en conscience pouvoir faire cette concession à ceux dont je suis peut-être venu, avec mes aperçus nouveaux, contrarier les programmes ou déranger le siège. Aujourd'hui, comme à l'époque oia ont paru mes deux volumes^ je demeure persuadé que, lorsque l'idée de cause, s'abstrayant de celle de force, prit place dans les spéculations de la pensée, ce fut sous la forme concrète d'un engendrement qu'elle se posa. Les théories cosmogoniques des vieilles religions nous en ont fourni des preuves suffisantes. Si mon sujet l'eût comporté, j'aurais pu en donner d'autres, qui eussent, à mon sens, vaincu les dernières hésitations.
Avec un peu d'attention, on doit être frappé d'un fait philologique qui, en dehors de la spé-