PREFACE. IX
culation dont il s^agit, demeure inexplicable. Ce fait, c'est l'application, dans le langage, des genres masculin et féminin à une infinité de mots qui ne désignent rien qu'on puisse qualifier de mâle ou de femelle. Il est bien évident que des genres de cette catégorie n'ont pu s'établir qu'en conséquence d'une opposition systématisée sous forme de rapports sexuels des idées ou de leurs représentants lexiques entre eux. Pour faire masculin ou féminin un mot auquel ne se rattache aucune idée réelle de sexe, il a bien fallu qu'on vît dans l'objet représenté par ce mot un mâle ou une femelle, ou tout au moins un rapport quelconque avec telle ou telle des attributions particulières à l'un ou l'autre de ces genres. Il fut un temps où, pour ceux de notre espèce, comme pour les peuples de nature aujourd'hui encore, tout avait vie, non seulement ce qui se meut ou qu'on voit se mouvoir, mais généralement ce qui frappe les sens : l'éclair qui jaillit du milieu des nuages, comme le roc immobile qui engendre le feu. Cette animation de la nature entière, depuis Thomme jusqu'à la pierre, — ciii numen erat^ — ou ne la concevait pas autrement catégorisée sous une forme que sous une autre : ce que l'être humain sentait ou