PRÉFACE. XI
qu'à cette troisième étape de l'évolution du discours, dans les langues aggluti natives comme dans les langues monosyllabiques, cette distinction^ en effet, quand elle existe, se présente sous une double forme radicale. Mais ce qui prouve que, dans l'aryanisme comme dans le sémitisme, l'opposition dont il s'agit s'est originairement faite indépendamment de la flexion et que, par conséquent, elle date ici de la période antérieure, c'est que les noms de choses animées qu'on doit supposer les plus anciens de la période flexionnelle sont génériquement différenciés, comme termes grammaticaux, non point par leurs désinences ou seulement par elles, mais par leurs radicaux mêmes. C'est ainsi qu'on a deux mots pour désigner les sexes différents dans une foule de cas oii le genre zoologique, abstraction faite du sexe, est un : homme et femme, père et mère, garçon et fille, frère et sœur, oncle et tante, bœuf et vache, bélier et brebis, coq et poule, etc.
De ces faits, dont le développement nous entraînerait fort au delà des limites d'une simple préface, ressort la rigoureuse exactitude de notre thèse, à savoir, qu'il y a eu un moment de l'évolution de l'esprit humain oii les conditions de la vie, partout oh on la voyait ou la suppo-