‹ L'âge difficile; comédie en trois actesChapitre 12 sur 81 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

VANEUSE.

No te fiche pas de moi. Si tu avais mes embêtements...

Quels?

VANEUSB.

Toujours les mêmes.

CHAMBRAY

Mon pauvre ami, rends-moi cette justice que j'ai l'ait pour toi ce que j'ai pu. Je t'ai prêté dans ces dernières années pas mal d'argent, soit dit sans reproche; et < ■< -la, remarque-le bien, pour te permettre, «*n somme, de mener une vie que je condamne et qui me dégoûte.

VANEUSE.

Oui, tu as été gentil... je ne te demande rien... Je n'ai pas de chance, voilà tout.

CHAMBRAY

Range- toi.

H us possible.

<: Il AMBRA Y.

Tu as ta fille. Tu aurais un loyer, si tu voulais.

VANEUSE.

La maison de ma fille n'est pas un loyer. Yoyo est charmante, mais elle n'est pas plus sérieuse que son père.

CHAMBRAY

C'est toi qui l'as élevée.

VANEUSE.

Autrement dit, elle n'a pas été élevée du tout.

CHAMBRAY

Elle t'aime pourtant ?

VANEUSE.

Je crois même qu'elle n'a jamais aimé que moi. Elle me trouve chic.

CHAMBRAY

Et ça ne te remplit pas le cœur. Il te manque quelque chose.

VANEUSE.

Ah 1 c'est triste d'avoir notre âge.

CHAMBRAY

L'âge de la solitude. Tu commences à t'en apercevoir? Oui, quand on est hors de la règle naturelle, soit comme toi qui n'as jamais pris le mariage ni la paternité au sérieux, soit comme moi qui ne me suis pas marié, à partir de la cinquantaine on ne sait plus que faire de soi.

VANEUSE.

C'est vrai... Le jour, ça va encore. On joue son rôle de son mieux. On est soutenu par la galerie. Mais quand elle n'est plus là... Si je te disais que je n'ose presque plus rentrer chez moi!... Sais-tu ce qui me fait rester au cercle, où cependanl Je ne m'amuse guère, jusqu'à des trois heures du matin? Bh bien, mon uni, c'eut l'épouvante d'être seul, pas autre chose... Je t'ennuie.'

CHAMBRAY

l'as du tout. Tu es mon ilote. Tu DM remis service.

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