ACTE DEUXIÈME
commode, celle qui convenait le mieux à votre caractère? Est-ce que même nous n'avons pas toujours cherché, Jeanne et moi, à vous épargner Les petite soucis et les petites responsabilités du ménage? Enfin, n'étiez-vous pas heureux?
Mon Dieu...
CHAMBRAY
Ahç&l vous n'allez pas dire que vooa n'éties pas heureux .'
MARTIGNY
Évidemment si, je l'étais. Ça peut môme se démontrer.
.Mais...
G II A M I! Il \ Y .
i ii brave garçon comme vous, l'ait pour la \\<- de famille, plutôt timide et empêtré... avoir une maltresse! et celle-là 1
H \ K T I G N Y , piqué.
Eh bien quoi, celle-là ?
CI VMliliAY.
Je ne voudrais rien vous dire de désagréable: mais voilà une fantaisie qui ne va guère à votre genre, mon pauvre enfant.
MAIITIGNY.
Quoi, mon genre? 11 faut croire que tout le monde ne me trouve pas si empêtré, comme voua dites... Et puis, de quoi
s'agil-il au fond? Ksi -ce que j'ai mis mon rieur là dedans? Est-ce que je suis le premier mari qui... Ah] mon Dieu, voilà-t-il pas une affaire?
CHAMBRAY
Vous devenez odieux, mon cher ami, tout simplement.
Non, mais c'est vous qui me faites dire des choses... Si je pouvais seulement parler à Jeanne!... Car, au bout du compte, elle a, tout au plus, des soupçons?
CHAMBRAY
Elle sait tout.
MARTIGNY
Mais comment? Ce n'est pas l'envoi de ce machin florentin (est-il seulement florentin?) qui l'aurait éclairée si elle n'avait pas su autre chose, si elle n'avait pas été avertie... Qui est-ce qui a bien pu lui dire?...
C1IAMRRAY, un moment embMTOSSi.
Elle a deviné, parbleu, avec son instinct de femme... de femme jalouse...
MARTIGNY
Elle deviner? Pauvre petite! Elle, si innocente et si confiante?... Non, je vous dis que quelqu'un a dû la mettre sur la voie. Sapristi! si je connaissais ranimai!...
(Il A M ltll A Y .
Elle Bail tout, voilà le l'ail. Et, comme c'est une créature très candide, très loyale, que votre trahison a dû, par con-
quent, bouleverser tout entière, e1 aussi une ame tendre et aimante, capable, sous sa douceur, de sentiments très profonds... enfin, qu'est-ce que vous voulez? c'est triste à dire, mais je me demande si elle pourra jamais vous pardonner. En tout cas, bien sincèrement, je vous conseille, dans votre Intérêt, de ne pas la voir en ce moment. Ce serait maladroit; cela ne ferait qu'exaspérer sa souffrance ei sa rancune. Croyez-moi, mon ami, ne la voyez pas; laissez