ACTE TROISIÈME
âge, il faut aimer sans exiger, sans désirer même un retour égal. Ne le croyez-vous pas.'
CHAMBRAY, les yeux fermés.
Je ne sais pas bien ce que vous me dites, mais parlez! parlez! Je vous reconnais maintenant, je vous reconnais tout à l'ait... Parlez encore!
MADAME MER! Kl..
Oui, écoutez- moi... et fermez les yeux .. 11 ne faut pas aimer pour soi; cela est bon pour les jeunes gens. On s'habitue à ce renoncement, vous verrez! Cela devient même très doux. Qu'est-ce <|ue Jeanne et Bea enfanta peuvent vous donner de meilleur (pie le bonbeur même de vivre pour eux? Et je mets tout au pire! Car je sais, moi, qu'ils ont profondément souffert, elle et son mari, de votre rupture, qu'ils sont déchirés de remords, — bien que leur «rime soit imaginaire, mon ami, — et qu'ainsi ils tâcheront de leur côté, les pauvrea petits, de vous aimer encore mieux et plus fort qu'auparavant. Ce sera donc désormais, entre eux et vous, une lutte de désintéressement et de tendresse... Vous voyez bien qu'on peut recommencer! (s' approchant de chambray.) Des larmes?
CHAMBRAY
Oh ! toutes petites.
MADAME MÉRIEL.
Ce sont celles qui signifient le plus de choses.
CHAMBRAY
Celles-là signifient donc...
MADAME MÉRIEL.
Que vous vous rendez?
Il faut bien.
MADAME MÉRIEL.
Ah! mon ami, que je suis heureuse!
CHAMBRAY
Tout de même, vous avez bien fait de revenir... Au moins, vous ne me trahirez plus?
MADAME MÉRIEL.
J'ai passé l'âge des erreurs.
CHAMBRAY
Comme nous allons bien vieillir ensemble!
MADAME MÉRIEL.
Le plus lentement possible, s'il vous plaît!
CHAMBRAY
Mais, dites-moi, nous ne serons pas un peu ridicules?
MADAME MÉRIKI..
Il n'y a que nos enfants qui le sauront... Pour ouvrir la fête, je vous préviens qu'ils dînent avec vous ce soir... Vous me prendrez par-dessus le marché.
CHAMBRAY
Mais...
MADAME MÉHIKI..
Vous û'étes pas libre?
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