PAS D AGE DE PIERRE EN ÉGYPTE
« supposant qu’une fois dispersés, ils auraient désappris dans leurs nouvelles demeures l'art difficile du forgeron, sans oublier toutefois les noms des métaux ni ceux des armes ou des outils, et que plus lard ils auraient découvert de nouveau les procédés de la métallurgie L'étude comparée des idiomes nous laisse d'ailleurs dans une complète ignorance sur la civilisation primitive des peuples de race finnoise ou touranienne, qu’on suppose avoir occupé les premiers le nord et l’ouest de l’Europe.
Si nous consultons l’histoire et l'archéologie, nous verrons les peuples à celts de l'Europe transalpine, finnois ou aryas, avoir chacun leur âge de la pierre, tandis que tous les peuples japbétiques. sémitiques, camitiques, sans relis, ont dès leurs origines fabriqué des instruments de tout genre en métal (p. 41).
La civilisation de l’Egypte naît, comme Minerve, armée de toutes pièces : ses plus anciens monuments sont non seulement construits, comme les pyramides, en pierres immenses. taillées avec le plus grand soin, mais, comme les grottes, les tombeaux, les palais, ornés de bas-reliefs et couverts d'inscriptions d’une admirable netteté. Un a bien trouvé dans quelques tombeaux des pointes de (lèches en pierre : mais elles étaient mêlées à des objets en métal d’un travail trèssoigné. Pour établir que les Egyptiens auraient eu un âge de pierre avant Menés (qui est Adam’), il faudrait découvrir des haches en silex sous les fondements de leurs plus anciens monuments. M. Horner a bien trouvé, à 39 pieds de profondeur, près de l'obélisque d’Héliopolis, un fragment de vase en terre auquel il attribue 13,000 ans d'antiquité. Mais ses calculs reposent sur des suppositions fort contestables, et un fait isolé, qui est susceptible de plus d’une explication, ne prouve pas à soi seul contre mille autres.
Abraham était très-riche en or et en argent, et ces métaux précieux supposent des travaux métallurgiques ou des relations commerciales incompatibles avec la sauvagerie de l'âge
' Ad. Pictfit, t. 2. p 450.
! Peuple primitif, t. 3. p 287. 271. 258.
CONSIDÉRATIONS C.ÉNÉR VLES
de pierre. Les serviteurs du Père des croyants, quand ils livrèrent bataille aux rois d’Orient, avaient certainement d'autres armes que des celts, et « l’épée dont devait vivre Esaii, » ne pouvait être qu'en métal *.
Que si les Egyptiens, dans certaines cérémonies religieuses telles que la préparation des momies, ont fait usage de couteaux en silex et en granit jusques aux derniers temps du paganisme; si Abraham, Moïse et Josué* ont pratiqué la circoncision de leur famille et de leur peuple avec des instruments en pierre comme le font aujourd’hui encore tous les Juifs, ou si les Galles, à l'exemple de leur dieu Atys, se mutilaient avec un couteau de pierre, ces faits prouvent simplement que tous les peuples de l'antiquité, même les plus civilisés, possédaient des outils tranchants en pierre à côté de ceux en métal, et que les premiers avaient à leurs yeux un degré de simplicité et de sainteté que ne pouvaient avoir les autres, fondus, forgés, polis, aiguisés, travaillés et retravaillés avec peine et sueur par l’homme.
Il est vrai qu’aux frontières mêmes de l’Egypte, étaient des tribus barbares, des Ethiopiens, des Cuscbites, qui faisaient encore usage au temps de Xerxès de flèches armées de pierres, et de lances dont la pointe était en corne 3. Mais nul ne prétendra que ces sauvages de la Nubie sont les ancêtres des Egyptiens. De même le livre de Job, qui nous transporte dans un temps peu distant du déluge, nous décrit la vie misérable de vrais Bosjémans*. Mais ces Bosjémans sont les aborigènes dépossédés par les enfants d' Esaii et relégués sur les confins du désert.
Les Chaldéens ou Bab) Ioniens comptaient (d’après la légende) au nombre de leur roi un Samir, contemporain du
' ('.en. 13, 2. 14; 27. 40 : 48. 22.
* Gen. 17 ; Ex. 4, 25; Jos. 5, 2.
* Hérod. 7, 69. Comp. Diodorc 3, 25 et 26. Les Mégabariens (3. 33) avaient des massues garnies de têtes de clous de fer. En Perse 3. 15). les ichtyophages de la Caramanie et de la Gédrosie combattaient les phoques avec des armes faites de cornes de chèvre et de pierre.
‘ Peuple primitif, t. 2, p. 307.