‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 121 sur 254 · TEMPS DE SALOMON · texte numérisé non relu

TEMPS DE SALOMON

Salomon comptait bien dans ses états plusieurs artistes habiles dans l’art de travailler les métaux ; toutefois il n’osa pas leur confier l'entreprise des travaux métallurgiques du temple de Jérusalem, et il la remit à Hiram, lyrien par son père, et dont la mère était de la tribu de Dan on de la contrée riche en mines d’Hasbeva et des sources du Jourdain*.

Hiram ne façonna point au marteau et ne forma point de pièces assemblées par des clous l’immense mer de bronze et les deux colonnes Jakin et Boaz. Tous les vases du temple furent fondus, comme l’avaient été déjà dans le désert ceux du tabernacle. Mais le bronze-cuivre (n’choscheth) est désigné par deux épithètes nouvelles, m’morat et marouq, qui sont synonymes et signifient poli, brillant' Cet éclat suppose un alliage particulier qui fût nouveau pour les Hébreux. La Vulgate entend le laiton, Yaurichalcum. Mais quelque reculée qu’en puisse être l’origine (p. 187), le laiton semble n’avoir été pour ainsi dire d’aucun usage avant l’ère chrétienne. Le bronze poli de Hiram n’aurait donc eu de nouveau qu’une plus ou moins grande quantité d’étain.

Parmi ces vases, il y avait dix bassins dont les soubassements étaient supportés par quatre roues de bronze1. La description de ces bassins étranges faisait le désespoir des commentateurs. On en a trouvé récemment d’analogues, mais en miniature, en Transylvanie, dans le Mecklembourg et dans le Danemark. Les uns et les autres sont une création de l’industrie phénicienne.

De Salomon ou de l’an mille au sixième siècle , qui est celui d’Ezéchiel, la métallurgie reste à peu près stationnaire et dans la Terre-Sainte et dans les pays voisins. La soudure, à supposer quelle eût été réellement connue des Chéta et des Louten, et que le secret s’en fût perdu , n’est point retrouvée*. Comme au temps de Moïse, les statues sculptées en bois étaient recouvertes de minces feuilles d’or ou d’argent qu’on faisait tenir avec des clous au moyen du marteau”.

1 2 Chron. 2; 1 Rois 5. — ' 1 Rois 7, 45; 2 Chron. 4, 16. — * 1 Rois 7, 27-39. — ‘ Es. 41, 7. Nos traductions parient à tort de souder. Ii fallait dire: « Le joint est bon. » — * Jér. 10, 3. 4.

LES HÉBREUX

On s’essaiait bien à reproduire en mêlai la figure humaine, rpii est celle qu'on donnait aux faux dieux; mais ces idoles étaient faites de pièces rapportées qu’on unissait et consolidait avec de simples clous. Toutefois ces pièces étaient fondues et non martelées. On dirait aussi que « le fondeur en or (tsoreph b’zaab) étendait » de l’or moulu « sur la statue, en métal qu’avait fondue l’ouvrier» (charasch)1 On remarque d’ailleurs quelques progrès dans l’art de manier le fer. dont l’usage devient en même temps plus général. Le vrai forgeron (charasch barezel) fabrique une statue ayant une forme humaine « avec la tenaille et le marteau » en présence de ses compagnons (chaberim)5. Les villes fortes, dont les portes de cuivre-bronze avaient des barres de meme métal sous Josué et jusques sous Salomon, ont au temps d’Esaïe leurs barres en fer5. Les chaînes, qui étaient de cuivre-bronze chez les Philistins du vivant de Samson*, le sont encore au temps de Jérémie ; mais déjà dans une des visions de Nébucadnésar elles sont de cuivre-bronze et de fer, et elles ne sont plus que de fer pour le dernier des psalmistes3. Jérémie fait le premier mention du « fer du septentrion », qui ne peut être que l'acier des Chalybes6.

Avec Ezéchiel, dont le siècle est celui d’une immense révolution politique, religieuse et morale, depuis la Chine jusques en Grèce et en Italie, apparaissent en Judée deux métaux nouveaux: le chaschmal7, que je crois être le kasabel des Egyptiens, le laiton, et le cuivre-bronze resplendissant, n'choscheth qalal9, qui correspond au chalcolibanon de saint Jean, et qui ne diffère pas peut-être du cuivre-bronze étincelant, n'choschesth muts'hab, qu’Esdras dit plus précieux que l’or9. Le chaleolibanon, expression barbare mi-grecque, mi-sémitique, comme celle de orcicbalkos(p. 187), est le cuivre blanc des Hellènes, I'æs album des Romains. Suidas en fait

' Es. 40, 19. — * Es. 44, 11, 12.— • 1 Rois 4, 13; Es. 45, 2; Ps. 107, 16. — * 1 Sain. 31, 10. — ‘ 2 Chron. 23, 11; 36, 6; Jér. 39, 7; 52, 11. Dan. 4, 15. (Le livre (1 • Daniel est donc de beaucoup antérieur aux plus récents psaumes.) Ps. 149. 8 — • Jér. 15, 12. — 1 Ez. 1, 4. 27 ; 8, 2. — •Id. 1, 7: Dan. 10, 6; Apoc. 1, 15. — * 8. 27.

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