TEMPS DE MOÏSE
remarque que le même mot de chereb, qui signifie pénétrant, tranchant, pointu, désigne à la fois l’épée, le poignard long d’une coudée1, le ciseau à tailler la pierre’, et le couteau de la circoncision, qui reçoit une épithète dont le sens est fort contesté (tranchant ou de pierre)'.
Sous Moïse, les Hébreux emportent de (losçen les procédés métallurgiques et peut-être chimiques* des Egyptiens et des Hycsos, avec une très-grande quantité de miroirs fondus en cuivre-bronze et de vases d’or et d'argent1. Bethsaléel fondit, sans doute tout d’une pièce, les vases, les soubassements, les piliers, les crochets et les anneaux en cuivre-bronze, en argent ou en or; il façonna au marteau le propitiatoire, les chérubins et le chandelier d'or pur, et il couvrit d'or ou de cuivre-bronze tous les ouvrages en bois du tabernacle*. — Le fer servait non aux armes, mais aux outils (p. 159)
Au terme des quarante années passées dans le désert et sur les frontières des forgerons Kéniens et Kéniziens (p. 1 84), les Hébreux s’étaient enrichis d'outils en fer qui leur avaient été jusques alors inconnus. Ils sont en possession de ciseaux en fer, de haches en fer et de jougs en fer, et ils trouvent chez leurs ennemis, les Héthiens et les Ludites, des vases en fer, des chars de guerre en fer et des lits en fer8.
* Jug. 3, 1(J, poignard à deux tranchants comme toutes les épées ou comme certaines épées, Prov. 0, 4; Ps, 149, 6.
* Ex. 20. 22.
* Jos. 5, 2. 3.
* Ex. 32. 20.
5 Id. 12, 36; 38, 8. Comp Job 37, 18.
* Ex. 36 et suiv. — Beckmann (t. 4, p 560 et suiv.) croit que la dorure était en or moulu et non en feuilles d'or, parce que les vingtneuf talents d'or (38, 24) n'auraient pas sufli, que des feuilles appliquées sur des sculptures en bois en auraient reproduit trop grossièrement le dessin, que l'arche aurait été trop lourde pour être portée à dos d'hommes, et que les Egyptiens au temps de Moïse connaissaient déjà la dorure en or moulu.
1 Nomb. 35, 16.
* Deut. 3, 1 1 ; 19, 5 ; 27, 5 ; 28, 48. Jos. 6, 19 ; 17, 18. Jug. 1,9:4, 3. La fréquente mention du fer dans le Deutéronome est la conséquence
LES HÉBREUX
Les Hébreux, nomades et pasteurs, ne devinrent point dans leur nouvelle patrie un peuple métallurgiste comme leurs prédécesseurs et leurs ennemis. Cependant Kénaz, qui fut le père de Caleb et de Hothniel, et qu’on dirait avoir été un kénien ou Kénizien, eut un descendant qui s'établit dans une vallée située entre Ono et Lod (aujourd’hui Lydda), sur la route de Jérusalem à Japho (Jaffa), et qui y devint le père d’une tribu d’ouvriers en métaux. Leur vallée s’appela la Vallée des forgerons'. C'étaient eux sans doute qui fournissaient d’armes tout Israël, et comme Lod* était aux confins des Philistins, il ne leur fut pas difficile « d’empêcher que les Hébreux se fissent des épées et des lances ». Pendant toute la période des Juges, les Israélites ont été dans une vraie pénurie « de hallebardes, d’épées et de boucliers ». Leurs seules armes semblent avoir été l'arc et la fronde. Mais ils étaient d’autant plus riches en outils: « socs de charrue, hoyaux, haches, bêches, tridents, aiguillons»5. Ces outils étaient trés-vraisemblablement en fer comme ceux qui sont mentionnés dans le Deutéronome, et comme la hache en fer que plus tard emprunta un des disciples d'Elisée*.
David, dans ses guerres contre tous ses voisins, avait recueilli une quantité prodigieuse d’or, d’argent, de cuivrebronze et de fer. Le bronze venait des villes du Liban, Bérothaï et Bétah (p. 92). On ne nous dit pas la provenance du fer, dont on ne fit usage dans la construction du temple que poulies clous (ou tenons)5.
naturelle et nécessaire des relations qui setaient établies pendant les 40 ans du désert entre les Israélites et les peuples métallurgistes du Ta-Néter. Il y a là une preuve indirecte et en tout cas très-imprévue de In vérité historique et de l’authenticité du Deutéronome. Mais le rationalisme a vu dans les passages de ce livre où le fer est nommé, la démonstration qu’il avait été rédigé sous le roi Josias.
’ Chron. 4, 14; Néh. 11, 36. Nous disons: forgerons, faute d’un mot français qui désigne en général les métallurgistes.
* Lod n'était-elle pas la ville par excellence des Ladites forgerons?
1 Jug. 5, 8; 1 Sam. 13, 19-22.
‘ 2 Rois 6, 5. Comp. Ecclés. 10, 10.
• 2 Sam. 8; 1 Chron. 18. 22. 28. 29.