III. Les Babyloniens
F.lnin des Clialtlét'ns. Dessin pari iculior dos cylindres. Représentations d'hommes en très-petites dimensions. — Digression sur la bague.
La Babylonie, le Sennaar, la terre des Cusohites de Nemrod et des Kasdim ou Sages issus d’Arphacsad, a été le plus ancien foyer de la civilisation postdiluvienne, et en particulier le berceau de l’astronomie et d’un système de poids et mesures qui est devenu celui de toute l’antiquité. Je ne sais rien de leurs cuivres, de leurs bronzes, de leurs fers. Mais comme ils habitaient une terre d’alluvions qui ne recelait aucun métal, ils n’ont probablement pris qu’une faible part à l'industrie métallurgique de la haute antiquité. Toutefois ce sont eux qui, dès les temps les plus anciens, recevaient d’Abeste l’étain, auquel ils ont donné leur nom, et que les Madianites apportaient aux peuples du Ta-Néter et du Nil, et il ne serait pas impossible qu’ils l’eussent allié au cuivre de très-bonne heure.
Les cylindres babyloniens, en argile, offrent un genre de dessin fort extraordinaire, que nous retrouverons dans les Gaules : les articulations des membres et les traits saillants du visage sont indiqués par des points ronds ou globules.
A Warka, la grande nécropole de la Babylonie, sont des couches d’innombrables cercueils, ornés de petites figures d’hommes, d’un dessin assez correct. Ils ont un très-large
LKS BABYLONIENS
chapeau, les poings sur les côtés, les jambes écartées et d'ordinaire une canne à In main. Ce même style d’ornementation s’offrira à nous en Etrurie, à Hallstadt et en Suède.
Hérodote' nous apprend que de son temps chaque Babylonien portait un cachet et un bâton. Treize siècles auparavant, l’hébreu Juda, vivant dans la Terre-Sainte, avait habituellement à la main un bâton et sur lui un cachet \ Ce cachet n'était pas une bague ; car la coutume des Orientaux était de le suspendre à un cordon passé autour du cou. La bague est d'une date relativement récente. Celles dont il est question dans nos versions du Pentateuque, sont des anneaux que les femmes suspendaient au nez, ou des boucles d'oreilles portées par les hommes*. Les Assyriens, d'après leurs bas-reliefs, avaient des pendants d'oreilles ayant la forme de rosace, de croix de Malte, de croissant, de roue solaire, mais non des bagues, ni des anneaux de nez. La bague est inconnue à Homère. Elle apparaitdans les lois de Zaleucus, vers l'an 700*. Dans ce même temps, d'après la légende de Tarpéia, les Sabins portaient au bras gauche de lourds bracelets en or et à la main gauche des bagues de grand prix *. La bague et le bracelet faisaient partie des ornements des Etrusques. A Rome tout citoyen portait au doigt une bague, mais de fer, et elle resta de fer jusques aux derniers temps de la république. On en remarquait une pareille en fer aux statues de N'uma et de Servius Tullius. Les statues de Romulus et des Tarquins n'en avaient point. Cet usage passait à Rome pour être d'origine grecque *. La bague a une certaine valeur archéologique pour la Nord-Europe, car elle se trouve dans plusieurs tombeaux, et sa présence surfit pour établir qu’ils sont postérieurs au septième siècle. Au reste on trouve d'ordinaire, à Rugen par exemple, avec les bagues, des verroteries, des objets en bronze et même d'autres en zinc.
1 1. 195. — * Gen. 38, 18. — • Gen. 24. 47 ; 35, 4. — * Diod. Sir. 12. 21.— ‘ T. Live, 1,11. — • Pline, H Ut. mt. 33, 4.